La date du 7 novembre avait été cochée au CHU Ambroise Paré. Et l'ensemble du personnel craignait son arrivée. Il y a une dizaine de jours, les estimations de la direction médicale prévoyaient en effet une saturation des services avec un pic d'hospitalisations entre le 7 et le 14 novembre. Mais finalement, le pire semble avoir été évité dans l'hôpital montois. Du moins pour le moment.

"La situation est moins dramatique que ce qui était annoncé au niveau prévisionnel mais nous restons en alerte parce que cela continue d'augmenter", confie France Brohée, responsable communication du CHU. Pas de quoi crier victoire, en effet. Ce jeudi, l'hôpital dénombrait 84 patients positifs dont 12 placés en soins intensifs, ainsi que 10 cas suspects. Mais il reste tout de même encore un peu de marge. Les trois unités et demi consacrées à des patients Covid totalisent une capacité de 118 lits dont 82 étaient utilisés ce jeudi soir.

Le CHU Ambroise Paré pourrait donc théoriquement encore accueillir une trentaine de patients supplémentaires tout en ayant la possibilité de s'adapter. "Il n'y a plus de véritable vague de patients qui nécessite des réaménagements urgents. Le nombre d'hospitalisations continue d'augmenter mais plutôt de façon progressive. Ce qui nous permet d'anticiper et d'organiser plus facilement puisque le nombre d'entrées quotidiennes reste tout à fait gérable."

Une armée de bénévoles

L'autre bonne nouvelle, c'est que les guérisons commencent aussi à augmenter. Ces deux derniers jours, 24 patients sont arrivés en unité Covid mais 13 ont pu quitter l'hôpital pour rentrer chez eux. "Il y a des sorties tous les jours donc c'est positif mais malheureusement il y a toujours davantage d'entrées pour le moment", observe France Brohée.

Si l'hôpital montois parvient à garder le cap durant cette deuxième vague, c'est aussi grâce au recrutement en urgence de plusieurs aides-soignants et à l'arrivée de nombreux bénévoles. Lors d'un appel lancé il y a deux semaines via les réseaux sociaux, plus de 1 000 candidatures ont été envoyées, dont 220 venues de l'UMons (notamment des étudiants et des professeurs). "Actuellement, des bénévoles s'occupent du système de dépôt de colis pour les patients et d'autres sont à l'accueil pour filtrer les entrées."

D'autres vont encore venir renforcer les équipes dans les prochains jours. "Cela prend du temps d'analyser les candidatures et de les affecter en fonction des besoins du terrain mais des bénévoles supplémentaires entreront en fonction la semaine prochaine. A côté de cela, il y a tous les étudiants qui sont en stage dans le cadre de leurs études."

De quoi soulager quelque peu le personnel médical submergé par la charge de travail qui redoutait et redoute encore une situation de saturation. Il y a tout de même matière à garder espoir : le nombre moyen d'infections au coronavirus en Belgique est passé à 13 213 par jour entre le 27 octobre et le 2 novembre, indique ce vendredi Sciensano. Cela représente une baisse de 16% par rapport à la période de sept jours précédente.