Les droits du personnel civil du SHAPE ne seraient pas respectés par ce dernier à en croire le SETCa. Les employés sont en effet obligés d’informer leur employeur quant au nombre de vaccins reçus, sans quoi c’est le licenciement. Chaque travailleur doit remplir un tableau qu’il remet à son responsable et dans lequel il doit fournir un maximum de renseignements tels que : - Est-il vacciné ? - Le nombre de dose(s) reçue(s) ? A quelle(s) date(s) ? - S’il est positif, qui a-t-il côtoyé en interne et en externe ? - Sa situation familiale ? - A-t-il des symptômes ? Et lesquels ? - Etc. Si le travailleur présente des symptômes, il doit s’entretenir avec un médecin de l’hôpital de la base et fournir d’autres renseignements par après.

"Mais l’interrogatoire ne s’arrête pas là", informe le SETCa. "Un responsable de la base militaire téléphone au travailleur en le questionnant tant sur sa vaccination que sur ses symptômes, ses fréquentations sur la base, etc. Certains travailleurs ont été menacés de licenciement s’ils ne répondaient pas au questionnaire et au processus mis en place par les autorités du SHAPE. Ces renseignements sont d’ordre privé, le SHAPE n’a pas à connaître le dossier médical de chaque travailleur. Ce procédé est tout à fait illégal et scandaleux mais plus rien ne nous étonne lorsqu’il s’agit des pratiques du SHAPE."

Pour le SETCa, l’objectif du SHAPE est clair. "Il est clair que le but recherché est d’interdire l’accès à la base du SHAPE aux non-vaccinés. Le SHAPE continue de croire qu’il est au-dessus des lois. Nous avons interpellé le service Fédéral du Bien-Etre concernant les pratiques du SHAPE. Une plainte vient d’être déposée", conclut le SETCa.

Le SHAPE a tenu à répondre à ces accusations. "Il n'y a aucune menace de licenciement pour les employés locaux en ce qui concerne la vaccination ou d'autres règlements sanitaires. Le SHAPE constitue un employeur de choix et continue d'agir conformément au droit du travail et aux contrats des employés, tout en veillant à ce que le SHAPE reste un endroit sûr où vivre, travailler et se divertir", indiquent les autorités du SHAPE.

Il garde néanmoins un œil sur le protocole sanitaire lorsqu'une personne tente de pénétrer sur le territoire. "Nous avons le devoir d'exercer une responsabilité stratégique au nom de l'OTAN. Cela implique des précautions spécifiques nécessaires pour assurer la continuité du commandement. À cet égard, nous détenons l'autorité en matière de sécurité et pouvons refuser l'accès à toutes personnes qui ne respecteraient pas les règles sanitaires et les mesures de précaution", poursuivent les autorités du SHAPE. "C'est pour cette raison que les informations sur l'état des vaccinations sont contrôlées par nos autorités sanitaires. Ce contrôle est effectué dans le respect total de la confidentialité des données médicales et personnelles des employés et ne peut être utilisé à des fins de licenciement. Le suivi de la situation sanitaire vise exclusivement à maîtriser l'impact de la pandémie sur les missions et opérations du commandement."