Elles ont relevé avec le défi lancé par la Ville de Mons. Expérience concluante, mais il reste des choses à améliorer.

Elles l'ont fait! Trois familles montoises ont passé une semaine sans voiture. Vendredi, l'heure était au bilan de cette expérience initiée par la Ville de Mons.

Caroline Delhaye habite Ghlin. Elle avait l'habitude de conduire son plus petit enfant en voiture. Cette semaine, elle a pris le bus. "Nous avons la chance d'être bien desservis par les bus à Ghlin et nous avons des magasins à proximité. Ça facilite les choses", explique la mère de famille. "Le problème, c'est que les bus sont pleins à craquer juste avant et après l'école. Et nous n'avons pas d'aubette à notre arrêt. Donc les jours de pluie, je pense que je continuerai à prendre la voiture."

Marie-Laure Desmaet et Benoît Filipi habitent Spiennes. L'une travaille à Maisières, l'autre à Cuesmes. Et cette expérience les a conduits à prendre une décision importante. "Nous allons supprimer une de nos deux voitures", annonce le couple. "Nous avons pris l'habitude de nous rendre au travail à vélo. Ça demande des équipements et une bonne organisation. Il y a aussi le système des voitures partagées qui peut dépanner et auquel nous avons fait appel une fois durant la semaine."

Habitant Cuesmes, Mathieu Capon avait déjà l'habitude de se déplacer à vélo sans pour autant délaisser totalement la voiture, notamment pour conduire les enfants à l'école. "C'était une expérience très positive et nous avons eu beaucoup de chance avec le temps", confie cet enseignant. "Mais force est de constater que le vélo n'a pas encore tout à fait sa place dans la circulation. Il faut être plus nombreux pour que ça change et que les aménagements suivent. Des initiatives comme ce défi peuvent y aider, mais il faut aller plus loin. Le transport représente 25% des émissions de CO2 en Belgique et c'est en augmentation. Quand on voit que le système des voitures de société est encore d'application et que la SNCB est sous-financée, on se dit que les choix qui sont faits ne sont pas bons. En ce qui nous concerne, nous sommes décidés à poursuivre cette expérience. Et pour conduire les enfants à l'école en hiver, nous avons déjà une piste de covoiturage."

L'échevine de la Mobilité se dit plus que jamais motivée après ce défi sans voiture. "Nous avons même eu de nombreux messages de personnes qui participaient sans vouloir passer dans les médias, car c'était une condition du concours", indique Charlotte De Jaer. "C'est intéressant pour avoir des retours du terrain, même si en ce qui concerne le vélo, nous avons déjà une bonne communauté très active. Après, il nous revient de prendre nos responsabilités. Nous savons que les infrastructures ne sont pas parfaites. Le défi de la mobilité est important, mais nous avançons. Il y aura d'ailleurs une sixième station de voitures partagées qui devrait bientôt ouvrir."