Les clients se comptaient pratiquement sur les doigts d’une main, ce samedi, dans les allées des Grands Prés de Mons. D’ordinaire pris d’assaut, le centre commercial était pour le moins désert, conséquence des dernières directives gouvernementales qui lui permettent de rester ouvert mais selon de strictes mesures. Pour pouvoir flâner et acheter, il faut désormais prendre rendez-vous !

Un rapide coup de sonde auprès des commerçants témoigne pourtant d’une certaine lassitude. "Nous n’avons pas eu une seule réservation jusqu’à présent", souffle une commerçante, bien seule dans son magasin de vêtements. "Honnêtement, ça ne fonctionne pas et je ne suis pas certaine que les prochains jours seront différents."

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Un peu plus loin, dans un autre magasin de vêtements, la situation est un rien plus contrastée. "On a eu quelques réservations mais très peu de passages de caisse, et donc très peu de rentrées financières. Les clients sont venus flâner mais ils n’ont pas forcément acheté. On se montre assez souple parce qu’il est possible de faire une réservation de dernière minute si le quota maximal n’est pas atteint."

Ce qui, clairement ce samedi, n’était le cas dans aucun magasin. « Je pense que la chaine va se donner quelques jours pour envisager la suite. Si ça continue comme ça, la fermeture sera plus que probablement envisagée car ça n’a pas de sens et ce n’est absolument pas rentable. » Du côté de la clientèle, le message semble encore assez flou. Plusieurs d’entre eux nous expliquent n’avoir pas vraiment compris le système mis en place.

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"Je suis venue chercher une commande de nourriture et en réalité, je ne pensais pas que les magasins restaient ouverts", confie une cliente. "Si on peut effectivement prendre rendez-vous et venir en toute sécurité, je n’hésiterai probablement pas à revenir faire un tour." Finalement, seul le IKEA semble, toute proportion gardée, attirer la foule… Si l’on peut appeler ça une foule.

Le Ikea "privatisé" pour 50 personnes par heure

Car seules 50 personnes par heure peuvent profiter des quelque 25 000 m2 du magasin. "Ils se sont enregistrés en ligne, sur le site, et lors de leur arrivée, on leur propose un badge, d’une couleur différente d’heure en heure", explique Fabrice Fouquemberg, directeur. "Ils disposent d’une heure pour faire leurs courses, de leur entrée à leur passage en caisse." Par jour, ce sont quelques centaines de personnes qui peuvent donc être accueillies, contre des milliers en temps normal.

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"Honnêtement, on a été assez surpris par les mesures annoncées. Nous sommes heureux de pouvoir rester ouverts mais c’est assez particulier, d’autant plus que de nombreuses mesures étaient déjà d’application. Aujourd’hui, le magasin est pour ainsi dire privatisé pour 50 personnes par heure. Mais on constate que les plages de rendez-vous se remplissent assez bien. Preuve que l'on ne peut pas tout acheter en click and collect. C'est très vrai pour les matelas, par exemple !" Plusieurs messages en magasin avertissent les clients du temps dont ils disposent encore afin de les contraindre à respecter le délai imparti.

Pour le géant de l’ameublement, le click and collect fait réellement la différence. Du personnel, d’ordinaire dans les cuisines par exemple, a d’ailleurs été réaffecté à la préparation des commandes. "C’est clairement ce qui fonctionne le mieux, même si l’on reste conscient que ça ne compensera pas le reste."

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