"De la Wallonie d’hier, nous créons celle de demain", annonce fièrement le site de la Société publique d’aide à la qualité de l’environnement (Spaque). Mais il semble que pour Le Roeulx, demain soit très loin. Trop loin.

C’est en 2006 que la Région wallonne, dans le cadre du plan Marshall, confie à la Spaque la réhabilitation de 15 friches industrielles. Parmi les sites de cette nouvelle liste prioritaire figure celui de l’ancienne Union chimique belge (UCB) à cheval sur Le Roeulx et Havré. Alors qu’on annonce le début des travaux de dépollution pour 2007, la nouvelle est particulièrement bien accueillie par les Rhodiens.

Six ans plus tard , c’est la douche froide pour le bourgmestre, Benoît Friart. Cela fait déjà plusieurs années que la Spaque se répand en explications pour justifier le retard pris dans l’assainissement du site. Aux dernières nouvelles, la parcelle rhodienne devait être dépolluée pour 2017 voire 2018 alors que le délai retenu au départ était de 2012. "Mais lors d’un dernier entretien téléphonique, la nouvelle gestionnaire du dossier m’a appris incidemment qu’aucun travail de dépollution n’avait été entrepris !", s’exclame Benoît Friart.

Cela fait pourtant plusieurs années que les camions s’affairent autour du site UCB. Le bourgmestre en témoigne avec agacement. "Le charroi est important, la poussière quotidienne, la rue Saint-Jean régulièrement encrassée, les mauvaises odeurs insupportables."

Mais pourquoi ce remue-ménage alors que les travaux de dépollution n’ont pas encore commencé ? "En fait, tout ce qu’ils ont fait jusqu’à maintenant, c’est traiter sur la parcelle du Roeulx les terres qui étaient acheminées depuis la parcelle d’Havré !", poursuit le bourgmestre du Roeulx.

Mercredi, Benoît Friart a donc adressé une lettre revancharde au directeur de la Spaque. "Nous ne pouvons que nous insurger face à cette tromperie dont la Ville du Roeulx et les riverains du site sont l’objet, ce qui ne peut que faire apparaître une bien coupable désinvolture dans la gestion de ce dossier", écrit le mayeur.

Nous avons tenté de joindre la Spaque pour obtenir de plus amples explications sur les retards pris sur ce dossier. En vain. Pour Benoît Friart, Le Roeulx ne semble pas figurer dans les priorités de la société qui avance avoir réhabilité 515 hectares de friches industrielles entre 1991 et 2012.

En 2005 pourtant , dans le cadre de l’émission Question à la Une, la Spaque avait établi un classement des sites par ordre décroissant de la problématique environnementale. Dans la catégorie Friches industrielles avec pollution avérée, Le Roeulx arrivait premier.