La commune infligera désormais les sanctions administratives.

Depuis quelque temps, les communes de la zone de police boraine (Boussu, Frameries, Quaregnon, Saint-Ghislain, Colfontai- ne) sont invitées à se prononcer en faveur de la modification du règlement général de police et du règlement relatif au stationnement. Ces modifications permettent aux communes de sanctionner administrativement les stationnements sauvages et problématiques.

Mais ce mardi à Colfontaine, ni la majorité, ni l’opposition, n’ont vu ce changement d’un bon œil. "Nous avons rencontré le procureur du Roi, qui nous a mis devant le fait accompli", regrette Lucien D’Antonio (PS), bourgmestre de Colfontaine. "La justice ne poursuivra plus ce type de comportement. Il nous revient donc de le faire. On met toujours plus de travail sur le dos des communes, on nous rejette la balle en nous disant débrouillez-vous !"

Aujourd’hui, la commune peut compter sur deux agents constatateurs, l’un subsidié, l’autre engagé sur fonds propres. "C’est une nouvelle charge de travail pour eux et lorsqu’ils seront occupés à verbaliser les mauvais stationnements, ils ne feront rien d’autre."

Conscient que le nombre d’agents est insuffisant, le bourgmestre a annoncé qu’il demanderait à la Région wallonne l’engagement d’une 3e personne, au- quel cas la commune devra mettre la main au portefeuille. "Il faudra faire des choix, établir les priorités car il sera impossible d’être partout. Nous devrons en discuter en collège mais selon moi, il est primordial de rendre les trottoirs aux piétons. Il est inadmissible que des personnes âgées, des mères de famille soient obligées de descendre du trottoir à cause d’un véhicule mal stationné !"

Outre le manque de personnel, se pose la question du suivi. "Pour l’instant, nous ne disposons pas des accès nous permettant de poursuivre le contrevenant. Lorsque celui-ci ne paie pas son amende, nous ne pouvons disposer de ses coordonnées afin de récupérer l’argent." Ce problème devrait cependant être résolu prochainement.

Enfin, l’opposition a soulevé un autre problème : quid des interventions de nuit ? "Les inciviques seront sanctionnés de 8 h à 17 h et puis plus rien ?", a-t-elle questionné. Une inquiétude partagée par le bourgmestre, qui dit chercher des solutions. "Nous regarderons pour faire chevaucher un maximum leurs horaires afin de couvrir une plage horaire plus large."

En attendant , le maïeur se dit mécontent d’avoir été mis au pied du mur. "Nous n’étions pas d’accord mais nous n’avons eu d’autre choix que d’accepter, au risque de voir un sentiment d’impunité se développer. Le procureur a été clair : il ne poursuivra plus ce genre de comportement ! D’ici trois ans, on nous demandera peut-être, à nous bourgmestre, de faire souffler les automobilistes dans le ballon !"