Le ministère public avait requis une peine de 18 mois de prison avec sursis contre la jeune automobiliste.

Le tribunal correctionnel de Mons a accordé lundi la suspension du prononcé de la condamnation à une jeune femme qui était poursuivie pour homicide involontaire, non-assistance à personne en danger et délit de fuite. Elle a été acquittée de la première prévention. Le 8 août 2015, vers 6h, cette automobiliste avait roulé sur le corps d'un quadragénaire sur un parking à Mons. Alain Deschamps, 48 ans, venait de se battre avec deux amis de la prévenue. Poursuivis également, les deux amis bénéficient de la même mesure de faveur.

Le ministère public avait requis une peine de 18 mois de prison avec sursis contre la jeune femme poursuivie devant la sixième chambre du tribunal correctionnel du Hainaut, division de Mons, pour un homicide involontaire, non-assistance à personne en danger et délit de fuite.

Cette nuit-là, peu avant 6h, une bagarre avait éclaté entre quatre hommes sur le parking situé près de l'hôpital Saint-Joseph à Mons. Alain Deschamps, 48 ans, avait été roué de coups et s'était retrouvé sur le sol, inconscient. Dans la foulée, une voiture avait roulé sur son corps en effectuant une marche arrière. M.A. était au volant et avait pris la fuite.

Elle s'était présentée à la police quelques minutes après les faits. Elle y avait donné les identités des deux autres. "Dans sa version initiale, elle a expliqué qu'elle avait fait une marche arrière, qu'elle avait roulé sur quelque chose et qu'elle a vu, dans son rétroviseur, un corps couché sur le sol. Les deux autres lui ont déconseillé de se dénoncer", rapportait le procureur du Roi qui avait retenu le caractère involontaire de l'homicide dans sa plaidoirie.

Deux témoins avaient été entendus, ils étaient à l'arrêt, rue des Arbalestriers. "Ils ont vu la victime tomber au sol et une voiture rouler sur son corps". Alain Deschamps, 48 ans, a succombé à un traumatisme thoracique et abdominal. Le corps avait été trainé sur plusieurs mètres.

Pour le ministère public, il était impossible de déterminer qui avait porté les premiers coups. "Volontairement et sciemment, les deux prévenus ont commis des faits de violence grave", estimait le substitut du procureur du Roi.

Une peine de 18 mois, assortie d'un sursis, avait été réclamée contre M.A., inconnue des autorités judiciaires et tétanisée par ce procès. Me Jean-Philippe Mayence, son avocat, rappelait que sa cliente avait 23 ans au moment des faits et qu'elle avait été témoin d'une scène très violente, à laquelle elle avait tenté de mettre fin. Un acquittement avait été réclamé pour le délit de fuite et la non-assistance à personne en danger. Pour l'homicide involontaire, une suspension du prononcé de la condamnation avait été plaidée par la défense. Une peine de travail a également été proposée à titre subsidiaire.

Une peine d'un an avec sursis avait été réclamée contre C.D., poursuivi pour des coups. Son avocat avait plaidé la légitime défense, précisant que la victime était fortement alcoolisée lorsqu'elle s'est attaquée à son client. Concernant la non-assistance à personne en danger, un acquittement avait été plaidé.

Une peine de principe avait aussi été réclamée contre A.S. Sa défense avait cependant demandé son acquittement sur base de la légitime défense pour les deux préventions de coups retenues contre lui.