Un coach, un licenciement et un logo… Des dépenses qui posent question.

On sait depuis plusieurs semaines maintenant que la chaîne de télévision locale connaît une crise sans précédent. En cause ? Un audit financier interpellant (commandé en août dernier par le conseil d’administration) qui dévoile les difficultés financières de la chaîne locale.

Une dette cumulée de 600.000 euros ainsi qu’un déficit structurel annuel de 150.000 à 200.000 euros. Nos confrères de La Province ont d’ailleurs fait état de cet audit en relevant "des erreurs manifestes comptables" comme 400.000 euros de créances non-récupérées, des fournisseurs payés deux fois ou encore, des factures sans justificatif.

Bref, le directeur et le CA de la chaîne montoise se disent "dupés" depuis plusieurs années par la fiduciaire en charge des comptes. Or, la situation financière problématique de la chaîne ne date pas d’hier. Le secrétaire régional Setca, Patrick Salvi s’en est d’ailleurs fait l’écho en rappelant que ce déficit était connu même de la délégation syndicale depuis la fin de l’année 2014. "C est une véritable mascarade. Nous avons appris, par la presse, les résultats de l’audit. Nous aurions dû être reçus à la mi-novembre et ce n’est toujours pas le cas !", peste Patrick Salvi.

"Tôt ou tard, le manque de financement allait placer la télévision dans le rouge. Fin 2014, nous avions reçu des informations alarmantes du directeur et du CA mais qu’il n’y aurait pas d’impact sur l’emploi. Et en février 2015, la direction annonce que des contrats à durée déterminée ne sont pas reconduits, qu’il n’y aura pas de couverture du Petit Doudou, ni de la Descente de la Châsse… Par manque d’argent. Et au même moment, un coach est engagé, il y a le licenciement d’un cadre et la création d’un nouveau logo… Ces dépenses viennent plomber l’entreprise. Alors que toute la régie devient obsolète… Et ça, c’est vivre au-dessus de ses moyens ! Il faut arrêter de dire qu’ils ne savaient pas !"

Le directeur de Télé MB, David Flament est formel. Il y a urgence, il faut rencontrer la délégation syndicale par rapport à cette incompréhension. "Ce n’est que depuis que nous sommes en possession des résultats de l’audit que nous pouvons pointer des difficultés depuis 2012, 2013, 2014 et 2015. Les chiffres qui nous étaient présentés n’étaient pas exacts et il s’avère qu’ils étaient beaucoup plus graves. C’est facile, aujourd’hui, de souligner des décisions qui ont été prises alors qu’à l’époque, il y avait une vision tronquée de la situation financière. C’est tout le paradoxe", concède-t-il.

Quant à la connaissance ou non de la situation financière, la ligne de conduite de la tête de la chaîne ne bouge pas d’un iota. "Non, nous n’étions pas au courant. Nous savions que nous étions en déficit mais nous n’étions pas du tout dans cette situation. Il n’est pas possible que la délégation syndicale ait eu une vision plus claire des chiffres que la Fédération Wallonie Bruxelles, que la banque et que le CA", a conclu le directeur qui nous a assuré que lors du prochain CA, c’est un plan d’avenir qui sera discuté.