Une peine de huit ans a été requise, lundi, par le ministère public devant le tribunal correctionnel du Hainaut, division de Mons, contre un homme poursuivi pour une tentative de meurtre et un port d'arme. Des peines de trois et deux ans de prison ferme ont été réclamées, par défaut, contre les deux autres prévenus, auteurs présumés d'un vol avec violence commis la veille des faits chez l'ex-femme du tireur. 

Le 31 octobre 2019, un coup de feu a été tiré dans le café "Le Peuple" à Cuesmes. L'auteur était entré dans le café pour régler ses comptes avec deux hommes qui, la veille des faits, avaient commis un vol avec violence chez son ex-compagne. Ces deux hommes ont porté des coups à son ex-femme et à ses fils, et un téléphone a été volé. Les victimes ont reconnu leurs agresseurs, lesquels ont débarqué chez eux en raison d'une dette.

Dans le café, le prévenu était agité et il a importuné les clients. Il a sorti une arme chargée et l'a pointée sur le front de l'un des deux voleurs présumés. Une bagarre a éclaté et le coup de feu a été dévié, la balle s'est logée dans le chambranle d'une porte. L'auteur était dans un état d'ivresse avancé (2,83 grammes alcool par litre de sang) mais il a déclaré que le coup de feu était accidentel. Pour le ministère public, l'intention de tuer est établie en raison du choix de l'arme et de la zone visée. De plus, il était assez vindicatif.

L'auteur du coup de feu a déjà été condamné neuf fois par le tribunal correctionnel, dont une peine de travail de 120 heures pour infraction sur les armes, menaces et rébellion prononcée le 22 mars 2011. Une expertise en santé mentale a mis en évidence des traits antisociaux. Concernant les deux autres, l'accusation retient aussi leurs nombreux antécédents judiciaires.

Me Itani, l'avocat du tireur, a un doute sur l'élément intentionnel de la tentative d'homicide et a demandé une requalification en menace. "Il voulait s'expliquer, réclamer la restitution du GSM mais pas tuer. Il aurait alors dégainé son arme dès son entrée dans le café s'il avait eu l'intention de tuer", a déclaré le pénaliste montois qui a plaidé une peine assortie d'un sursis probatoire.

Le jugement sera prononcé lors de l'audience du 8 mars.