L'association professionnelle de Conservateurs-Restaurateurs d’œuvres d'Art (APROA) a réagi jeudi aux travaux de restauration très controversés d’œuvres d'art à la Collégiale Sainte-Waudru, à Mons, en évoquant "une tragédie patrimoniale désastreuse". Les travaux de restauration d’œuvres d'art au sein de la Collégiale Sainte-Waudru ont suscité une vague d'indignation dans les rangs des historiens de l'art locaux, qui ont récemment alerté les autorités wallonnes.

Des historiens de l'art ont constaté de nombreux dégâts causés par des rénovations au patrimoine religieux de la Collégiale, notamment des couches de peinture à bon marché, des bas-reliefs poncés à la fibre de verre, du béton pour réparer des ornements, des procédés de nettoyage du patrimoine religieux non adéquats. "De nombreuses œuvres d'art majeures de la Collégiale Sainte-Waudru, classées comme Patrimoine exceptionnel de Wallonie, ont été défigurées par un ouvrier de la fabrique d'église sans qualification mais 'voulant bien faire' et ce, à la demande irresponsable de sa hiérarchie", a commenté l'APROA dans un communiqué.

L'association rappelle que, depuis sa création, il y a trente ans, elle "met en garde sur les risques de voir des personnes non formées à la conservation-restauration toucher à des œuvres d'art et les détruire de manière irréversible en l'absence de tout cadre légal réglementant l'exercice de la profession de Conservateur-Restaurateur d’œuvres d'Art".

Selon l'APROA, la Collégiale de Mons "n'est malheureusement pas un cas isolé et, chaque année, le patrimoine religieux souffre de nettoyages intempestifs, de rafistolages de fortune voire de rénovations destructives effectués par des intervenants non-experts, bénévoles ou professionnels". Pour l'association, les responsables des fabriques d'églises "sont souvent de très bonne volonté mais dépourvus de connaissances et livrés à eux-mêmes, tant la conservation de leurs trésors échappe le plus souvent à la vigilance du législateur et passe sous les radars des médias".  Elle demande une réglementation stricte de la part des Régions compétentes et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, "pour cadrer toute intervention sur le patrimoine classé et définir un niveau minimal de formation spécifique des praticiens autorisés à intervenir sur ce patrimoine majeur".