Le ministère public estime qu’elle agissait en véritable femme d’affaires

Depuis janvier dernier, Larissa, une résidente portugaise est détenue à la prison de Mons pour des faits de prostitution, d’exploitation de la prostitution et traite d’êtres humains. Le tribunal correctionnel de Mons s’est penché sur son cas ce lundi pour tenter de démêler le vrai du faux de ses déclarations.

Car selon le ministère public, Larissa est une véritable femme d’affaires, plus communément appelée une maquerelle. Elle est la seule prévenue au procès et personne ne s’est constitué partie civile, pas même les filles qui ont, un temps, séjourné dans les deux immeubles montois que Larissa louait afin d’y mener ses affaires. La période infractionnelle ciblée s’étale sur une année, entre octobre 2016 et octobre 2017.

Larissa, qui mène des activités d’imports et d’exports de véhicules au Portugal, a débarqué à Mons. La jeune quadragénaire a besoin d’argent “pour obtenir la garde” de sa fille au Portugal, affirme-t-elle. Elle connaît se livrer à la prostitution en appâtant des clients via Internet. C’est ainsi qu’elle est amenée à louer un puis deux immeubles pour y recevoir ses clients. Avec un loyer de 1500 euros, elle décide alors de sous-louer certaines parties à d’autres filles qui, comme elle, se prostituent.

Sauf que pour le ministère public, Larissa faisait aussi venir des filles jusqu’à l’aéroport de Zaventem afin qu’elles s’installent à Mons. Un chauffeur allait même les chercher afin de les conduire à la rue de Houdain. Bien souvent en séjour illégal, ces filles vivaient de la prostitution et rétribuaient un loyer tantôt de 600 euros tantôt de 800 euros à Larissa, elle-même locataire des maisons. Son passeport atteste d’un bon nombre de déplacements au Portugal mais aussi en Espagne et en Guinée Bissau.

Le ministère public y voit non seulement l’exploitation de la débauche de personnes vulnérables (car en séjour illégal) mais aussi le rôle central de Larissa qui montait sa “petite entreprise”. Une peine de douze mois de prison est réclamée. La prévenue nie en bloc cette activité entrepreneuriale. Si elle a sous-loué certaines pièces, c’était pour que des prostituées puissent se regrouper pour des raisons de sécurité. Elle reconnaît avoir “partagé une maison” et de l’avoir sous-louée, rien de plus.

“Je sais que ce que j’ai fait est une erreur. Je sais que ce n’est pas facile mais je souhaiterais bénéficier d’une chance, qu’on me fasse confiance. Je m’engage à 100 % à respecter des conditions probatoires,” a-t-elle affirmé à l’audience. Il est notamment proposé qu’elle réside en Belgique afin de mettre ses papiers administratifs en règle et qu’elle ne fréquente plus le milieu de la prostitution. Jugement début octobre.