Sa compagne avocate a bénéficié d’une suspension du prononcé pour trois ans

Les cent plants de cannabis cultivés dans une annexe du cabinet d’avocat de sa compagne à Binche valent à Bruno une peine de deux ans de prison avec sursis probatoire de cinq ans et mille euros d’amende. Les six riot guns qu’il détenait aussi chez lui, découverts lors de la perquisition, lui coûtent trois ans de prison, toujours avec sursis pour ce qui excède la détention préventive subie. Autrement dit, la culture de produits stupéfiants ainsi que le trafic illégal d’armes sont établis, même si le cannabis était cultivé pour "ses vertus thérapeutiques" et que le prévenu détient "un permis français de port d’arme" .

Détenu depuis la mi-mai 2017 pour ce dossier et reconnu coupable pour les volets stups, armes et blanchiment, Bruno ne poursuivra néanmoins pas son séjour derrière les barreaux. La détention préventive subie compte double ! Il doit cependant se tenir à carreau durant cinq ans et respecter des conditions probatoires. Parmi lesquelles, on note l’obligation de suivre une thérapie, trouver un emploi et encore "tout mettre en œuvre" pour arrêter sa consommation de cannabis.

Le second prévenu dans cette affaire était sa compagne, mère de leur fille de quatre ans. Peu banal : elle est avocate au barreau de Charleroi. Mais s’en est plutôt bien sortie face à la justice montoise. Car outre plomber sa carrière professionnelle, cette culture d’herbe et ses armes prohibées (spray, matraque et cran d’arrêt mais "pas un échantillon de câble oublié lors des travaux") aurait pu lui coûter très cher.

La plaidoirie de son conseil a fait mouche, pratiquement sur tout. Sauf sur un point, et malgré les efforts déployés par Me Bouchat, le tribunal a estimé qu’elle était co-auteur de la plantation aménagée au domicile familial, dont elle est co-propriétaire. "Je m’y suis opposée mais c’est aussi sa maison. Je n’étais pas au courant de l’ampleur des plants cultivés," assurait-elle au procès. Elle écope d’une mesure de faveur pour trois ans sur le volet cannabis. Pour ses joujoux prohibés, elle est condamnée à une légère peine d’amende.

Du côté de l’opérateur des réseaux gaz et électricité (ORES), partie civile au procès, près 86.000 euros étaient réclamés au couple, en supposant que la culture ait débuté en 2012. La justice estime plutôt le dommage à 16.000 euros, montant réduit compte tenu de la date de la culture (16 mai 2016) établie par le tribunal.