Mons

Pierre Urbain est suspendu de ses fonctions à la Ville de Mons depuis 2013.

Un an de prison avec sursis a été requis vendredi au tribunal correctionnel de Mons contre l'ancien secrétaire communal de la Ville Pierre Urbain, poursuivi pour faux, usage de faux et abus de confiance dans le cadre de ce que le parquet général qualifie d'organisation criminelle. Le jugement sera prononcé le 22 mars.

Une peine d'un an ferme a été requise contre Bernard Potvin, déjà condamné pour criminalité financière. Neuf personnes sont prévenues dans cette affaire mais quatre ont comparu devant le tribunal. Des peines de six mois, un et deux ans ont été requises. C'est en menant des perquisitions dans le cadre d'un autre dossier que les enquêteurs de la police fédérale avaient saisi l'ordinateur du secrétaire communal. "Ils ont exploité cet ordinateur et ils ont retrouvé des documents où l'intéressé signait comme administrateur délégué d'une société établie au Luxembourg", explique l'avocat général.

Le nom de Bernard Potvin est apparu dans cette société. Le comptable représentait deux sociétés américaines, établies dans l'Etat de Floride, dont les avoirs avaient été gelés par la justice américaine. Son patron est inculpé d'escroquerie et de blanchiment d'argent pour un cartel mexicain actif dans les stupéfiants. Bernard Potvin et Daniel Robert avaient créé une société en Belgique dans laquelle est apparu Pierre Urbain dès septembre 2005. D'importantes sommes, en euros et en dollars, ont été injectées dans cette société mais jamais placées.

Pour l'accusation, le but était d'attirer de nouveaux investissements à un taux d'intérêts de 15% par mois. Avocat de Pierre Urbain, Me Discepoli a plaidé l'acquittement estimant que les infractions n'étaient pas "techniquement" établies. "Je ne plaide pas la naïveté car je suis convaincu que lui et d'autres, entre 2005 et 2007, ont été convaincus d'une bulle financière, comme il y en a eu avant la crise de 2008. Les gens croyaient qu'en investissant 1 euro, on pouvait en avoir 20. Les taux de 15% étaient fréquents à cette époque", raconte l'avocat qui ajoute que pas une seule pièce du dossier ne permet de conclure que l'ancien chef du personnel de la Ville de Mons s'est enrichi personnellement. Pierre Urbain est suspendu de ses fonctions à la Ville de Mons depuis 2013.