A 13 heures, le soleil tapait fort sur la Grand-Place de Mons. Mais la marée humaine qui la recouvrait n’avait pas besoin de ça pour être chauffée à blanc pour le combat dit Lumeçon. L’attente de trois ans suffisait pour donner à ce combat des retrouvailles une saveur particulière. Bien avant que saint Georges, dragon, Chin-Chin, Diables, etc. ne rentre dans l’arène, la foule laissait éclater une ferveur d’une intensité rare. Ou alors, c’est parce que nous en avions perdu l’habitude ? Quoi qu’il en soit, le combat a à nouveau séduit, mené de main de maître par des acteurs et réalisateurs qui ne paraissaient pas rouillés le moins du monde. “C’est toujours très beau, ce sont des professionnels”, apprécie Ghislaine, qui assiste au combat depuis mes tribunes et n’aurait raté ce moment pour rien au monde. “Je suis née ici, j’ai toujours fait la ducasse. Ne pas y venir, serait un drame.”

À côté d’elle dans les gradins, Pauline et Logan ne résistent pas à l’ambiance émanant de la foule, et finissent par foncer vers la corde. “Le confort, ça va 5 minutes, mais quand on voit toute cette foule et cette énergie, on a envie d’en faire partie, surtout qu’il y a la fierté de rapporter du crin à la clé”, sourit Logan. “Depuis que je suis toute petite, je vois toujours le combat et j’ai envie d’aller à la corde. Mais cette année, j’ai 20 ans, je n’ai pas fait le doudou depuis 2 ans. C’était maintenant ou jamais”, s’exclame Pauline.

Maintenant ou jamais, c’est ce qu’a également pensé Nann, qui revient de la corde une vessie à la main. “Mon homme est diable et c’était son dernier combat. J’ai toujours dit que pour son dernier combat il fallait que j’aille l’embrasser dans le rond, pour le féliciter lui dire à quel point je suis fière de lui… Et je l’ai fait !”

Les dix mètres séparant la tribune de la corde furent un sacré périple, où différents sentiments émergent. “Il y a de la peur, de l’envie, puis une envie d’abandonner… Il reste deux mètres et ça paraît le bout du monde. Mais on y arrive, grâce à sa volonté et des gens formidables qui donnent un coup de main.” L’amas de violence confuse émanant de la corde n’est qu’une impression : “les gens sont fabuleux. ils m’ont aidée, m’ont portée quasiment jusqu’au bout… À l’heure actuelle, ça fait franchement plaisir de voir ça. Donc tous ceux qui veulent tester, il faut y aller tant qu’on a l’envie, et ne pas renoncer.”

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