L'an dernier, avant que le monde ne soit traversé par la pandémie, ce sont pas moins de 35 000 personnes qui s'étaient ruées le premier jour des soldes de janvier sur le centre commercial Les Grands Près, à Mons. Douze mois plus tard, la moitié de ce chiffre sera à peine atteint. "Commercialement, c'est compliqué. Mais c'est le prix à payer pour pouvoir ouvrir par la suite, dans quelques mois, sans contrainte", confie Thomas Cornil, le directeur du centre commercial.

Il fait évidemment référence aux nombreuses mesures restrictives : port du masque, shopping de 30 minutes maximum et surtout seul. "Ce lundi matin, c'était très calme : pas de cohue, pas de grosse foule. Il faut dire que nous avons débuté la journée en appliquant à la lettre les demandes de la police en n'ouvrant que deux entrées et en filtrant tout le monde. Nous préférons perdre quelques clients qui estiment que nous sommes trop exigeants plutôt que d'avoir des problèmes à l'intérieur ou de devoir fermer sur décision de la police."

Malheureusement, certaines personnes se présentent encore en couple ou en famille, malgré les nombreuses demandes de la direction et les multiplies avertissements. "Pour eux, nous n'avons pas d'autre choix que d'appliquer la tolérance zéro sinon nous risquons de devoir fermer le centre commercial sur ordre de police. Mais force est de constater que le message commence à bien circuler car cette tendance diminue."

Dimanche matin, Thomas Cornil avait renvoyé un message à tous les médias pour sensibiliser les clients. Et cela, suite à quelques débordements observés samedi, notamment de la part de clients venus de l'autre côté de la frontière qui voulaient absolument entrer à plusieurs dans le centre commercial. "Il faut voir notre appel comme un geste solidaire vis-à-vis des magasins, des employés et des autres clients ; pas du tout comme un abus d’autorité ou une demande fantaisiste."

Reste le problème des clients qui entrent dans le shopping center à quelques minutes d'intervalle pour duper les agents de sécurité. "Nous comptons pour cela sur le respect et le bon sens des gens. Jour après jour, de plus en plus de personnes respectent les règles mais la minorité qui continue de venir à plusieurs est malheureusement agressive et virulente. C'est ça la difficulté."