Mons

Monsieur Green propose du cannabidiol en toute légalité. Nicolas Martin salue le projet.


Fumer du cannabis en toute légalité, c'est possible à Mons comme dans d'autres villes du pays où des boutiques d'un genre nouveau fleurissent. Ces magasins proposent du cannabidiol ou CBD, produit issu du cannabis mais dont la teneur en THC est inférieure à 0,2 %. Une vente devenue tout à fait légale depuis le passage d'une norme européenne. Ce qui explique le boom des boutiques CBD.

À Mons, Mobarek Asmaoui, entrepreneur très actif dans la région, a franchi le cap avec son Monsieur Green situé rue de la Coupe. "J'ai découvert ce genre de magasins en Suisse et j'ai été frappé par la clientèle. Ce n'était pas du tout les gens que j'imaginais", explique Mobarek Asmaoui. "Le CBD a des vertus thérapeutiques. Certains le consomment par exemple pour soigner les douleurs liées à la fibromyalgie. Ca leur permet d'éviter des médicaments dont la prise prolongée est nocive pour l'estomac ou les reins."

Ce Monsieur Green joue sur le concept du coffee shop. Les variétés d'herbes sont exposées dans de grands bocaux. Le gramme se vend 10 euros ou 8 euros à partir de 5 grammes. On peut rouler son pétard sur place. Mais Mobarek Asmaoui a misé sur une décoration cosy qui rappelle les vieilles pharmacies. Histoire de trancher avec le côté lugubre que peuvent avoir certains coffee shop. Et clin d'oeil aux vertus thérapeutiques du CBD.

L'ouverture de ce Monsieur Green est saluée par le bourgmestre de Mons. "C'est un beau projet à plus d'un titre", relève Nicolas Martin. "Tout d'abord, Mobarek Asmaoui l'a mené dans les règles de l'art. Il aurait pu ouvrir plus tôt, mais il a pris le temps de contacter toutes les autorités compétentes pour s'assurer de la fiabilité du projet. C'est par ailleurs un nouveau commerce de qualité qui ouvre en centre-ville et qui permet de casser les clichés que l'on peut avoir sur le cannabis. Enfin, le CBD peut aussi être une alternative pour aider à décrocher ceux qui consomment du THC."

Derrière le comptoir, Loïc en est un parfait exemple. Grand consommateur de cannabis traditionnel, il avait l'habitude de planer, les yeux rouges. Mais il a trouvé un produit de substitution avec le CBD. "Ca se présente de la même manière, c'est la même ambiance et les mêmes gestes", explique le vendeur en effritant sa boulette d'herbe sur une grande feuille. "Mais si le THC a des effets psychotropiques sur l'esprit, le CBD a des effets relaxants sur le corps."


"Mettre fin à l’hypocrisie"

Alors que les boutiques CBD fleurissent sous l’impulsion d’une nouvelle directive européenne, la consommation de cannabis dont la teneur en THC dépasse les 0,2 % reste interdite. Mais ces verrous sautent de plus en plus, comme au Canada ou dans certains États de l’Oncle Sam. Le bourgmestre Nicolas Martin est favorable à cette légalisation.

"Il y a une grande hypocrisie autour des drogues douces qui sont très répandues", relève Nicolas Martin. "On sait par exemple que 30 % des Belges ont touché au moins une fois au cannabis. Cette consommation est courante. Or le cadre légal n’est pas en adéquation avec cette réalité. À titre personnel, je pense qu’il faut l’adapter. Je suis pour la fin de cette hypocrisie. Je pense qu’il faut encadrer les choses comme on peut le faire au Canada par exemple, plutôt que de laisser le marché noir se développer avec des produits trafiqués."