Mons Un avocat est venu défendre le chef des travaux, impliqué dans une procédure disciplinaire pour vol

Scène complètement inhabituelle, voire absurde, ce lundi soir au conseil communal. Tel un procès au tribunal, un avocat est venu s’exprimer pendant près de 45 minutes pour défendre son client, le chef des travaux de la commune. "Ça fait 30 ans que je suis mandataire et c’est la première fois que nous procédons comme ça", s’exclamait le bourgmestre Christian Moureau (PS) en ouverture de séance. "Nous voulions faire ça en huis clos mais les débats sont publics à la demande de la personne concernée."

Le chef des travaux est impliqué dans une drôle d’histoire de vol. "Le 15 février, un concierge du service des travaux est réveillé par un ancien ouvrier communal à 4h du matin qui demandait à venir chercher une commande de 12 m² de plancher en PVC. Le concierge a refusé. L’ancien ouvrier s’est alors dirigé vers un ouvrier communal qui est venu lui ouvrir la trappe pour qu’il prenne le plancher. Il s’agissait en réalité d’un vol. Et peu après ces faits, j’ai reçu un magasinier à ma permanence qui a déclaré que ce vol a été organisé avec l’aval du chef des travaux", résume brièvement le bourgmestre.

La police de Mariemont s’est alors saisie du dossier pour interroger les différents intervenants et confirmer que le chef des travaux avait bel et bien donné son autorisation pour ce "vol". Même si finalement, le préjudice aurait été remis à sa place quelques jours plus tard.

Après l’explication des faits, un très long plaidoyer a débuté devant le conseil communal. Me Nicolas Divry a enchaîné les arguments durant 45 minutes pour démonter toute la procédure du dossier disciplinaire ainsi que les faits reprochés à son client. Allant même jusqu’à menacer de saisir le Conseil d’État.

Le bourgmestre Christian Moureau a ensuite rétorqué longuement avant que les conseillers communaux de l’opposition ne profitent de la situation délicate pour taper sur le clou. Marceau Mairesse (M +) et Carine Matysiak (M +) en pôle.

À tel point que le camp de la majorité socialiste a dû se réunir en urgence durant près de 30 minutes à la fin de la séance avant de délibérer en huis clos. Le conseil communal a ensuite délibéré pour décider de la sanction à infliger au chef des travaux. Celui-ci échappe finalement au licenciement mais subira tout de même une sanction. "Tout ça pour quelques planches de bois d’une valeur de 18 euros", dixit l’avocat…