Nous vous faisions part dans notre édition de samedi des problèmes de voisinage entre des étudiants de la cité Upkot et les riverains de la rue de la Croix-Rouge à Mons. Une mère de famille nous a confié vivre un calvaire depuis quelque temps alors que les fêtes estudiantines se multiplient, ses enfants n'arrivant plus à dormir.

La situation s'est manifestement empirée depuis qu'un policier qui habitait la rue a déménagé. Et ce sont précisément les problèmes de voisinage qui l'ont poussé à plier bagage. "C'était devenu invivable. Ils faisaient la fête jusque tard le soir sur le balcon du bâtiment qui donne sur mon jardin", explique l'ancien riverain. Insultes et menaces pleuvaient quotidiennement par rapport à sa profession. "C'était du style sale flic, on va te faire la peau, ACAB et j'en passe", poursuit le policier. "Sur le coup, c'était impossible de discuter avec eux, ils étaient sous l'effet de l'alcool voire d'autres choses. On retrouvait souvent des capsules de gaz hilarant. Le lendemain, quand je les croisais, c'était autre chose. Ils me promettaient qu'ils allaient arrêter, mais ça ne durait jamais très longtemps. Un étudiant m'a même dit que je devais avoir l'habitude d'être insulté parce que je suis policier. J'ai aussi essayé de discuter avec le concierge [employé par la société Upgrade Estate, NDLR]. Il y avait une personne un peu plus âgée qui n'a pas tenu très longtemps. Il a été remplacé par un étudiant qui fait ce qu'il peut pour arranger les choses, mais il ne sait pas faire de miracles."

Mais il n'y a pas que les mots fleuris qui ont poussé le Montois à s'installer quelques rues plus loin. "Ma femme ne pouvait plus bronzer dans le jardin parce que dès qu'elle sortait, il y avait des remarques désobligeantes. On avait aussi installé une petite piscine gonflable que j'ai dû démonter parce qu'ils s'amusaient à la remplir avec des capsules et des cannettes qu'ils jetaient depuis le balcon. Et puis, il y avait le bruit la nuit. Je leur avais expliqué qu'ils pouvaient faire la fête de temps en temps, mais que ça ne pouvait pas être les cris et la musique à fond tous les soirs, jusqu'aux petites heures, parce qu'on doit parfois se lever très tôt pour aller bosser."

La situation ne s'est pas améliorée et dès qu'il a pu, le policer de la rue de la Croix-Rouge a déménagé. Les riverains ont vu une différence. "C'est vrai qu'il y a pas mal de fêtes, mais ce n'est pas tous les jours et moi, ça ne me dérange pas trop, j'ai le sommeil lourd", nous explique un autre étudiant qui habite à proximité. "Mais quand le policer est parti, ils ont fêté ça pendant plusieurs jours." Une autre riveraine nous confirme que la situation a changé. "Chez nous ça va encore, car la chambre donne sur l'arrière. Mais il nous serait impossible de dormir la fenêtre ouverte si nous le voulions. Nous étions tout de même plus tranquilles quand le policier était là, ça freinait un peu les étudiants."

Le bourgmestre et les autorités de l'UMons sont conscients du problème et sont déjà intervenus. Pour rappel, du côté de l'université, un ultimatum va être lancé aux fêtards qui poussent le bouchon trop loin, avec une possible rupture de bail à la clé. Enfin, la mère de famille qui a tiré la sonnette d'alarme a pu rencontrer le médiateur de la Ville de Mons ce lundi. "C'était une réunion constructive. Le médiateur va maintenant prendre contact avec le concierge de la cité estudiantine et devrait ensuite organiser une rencontre entre nous. Les rapports des étudiants avec le policier qui habitait notre rue étaient assez conflictuels, les jeunes étaient toujours dans la provocation. Je ne tiens pas à ce que les choses dégénèrent et je ne cherche pas à faire infliger des sanctions. J'espère donc que nous pourrons trouver un terrain d'entente à travers la médiation", conclut la mère de famille.