La découverte de travaux de rénovation non-conformes effectués sur du mobilier classé de la collégiale Sainte-Waudru a suscité l'émoi à Mons. Pour rappel, durant le confinement, un ouvrier du personnel de la collégiale a profité de son temps libre pour faire un peu plus que les travaux habituels. Il avait l'accord de membres de la fabrique d'église. Mais le mobilier auquel il s'est attaqué est très ancien et a une grande valeur. Sa restauration requiert des autorisations et l'intervention d'experts.

A l'heure d'écrire ces lignes, des analyses sont toujours en cours pour évaluer l'ampleur de la casse. La Communauté Historia, qui a donné l'alerte, parle de dégâts importants et irréversibles pour certains. En attendant, le numéro de juillet de la revue pastorale de Mons refait surface. On y vante les travaux menés durant le confinement. "La collégiale Sainte-Waudru a bénéficié durant ce printemps d’un sérieux coup de pinceau sur quelques-unes de ces œuvres. Couleurs sombres, ternies, lettrages illisibles ont été revisités par les mains habiles et minutieuses d’un travailleur de l’ombre, œuvrant dans la discrétion" peut-on lire dans l'article qui se conclut par un chaleureux "Un tout grand merci pour ce très beau travail".

Voilà qui confirme que tout partait d'une bonne intention. Mais il est tout de même surprenant que personne, parmi tous les avisés du chantier, n'ait pensé que ce type de restauration devait être réalisé dans les règles de l'art. Le "travailleur de l'ombre" aura été vraiment trop discret…

Si l'unité pastorale de Mons s'est montrée enthousiaste sur ces travaux, ce n'est pas le cas partout à Mons. Depuis la découverte du chantier-catastrophe, les réactions pleuvent. "J’ai été abasourdi par l’annonce de la dégradation de certains éléments de la collégiale Sainte-Waudru à Mons", a réagi Elio Di Rupo. "J’ai établi un contact avec le Président de la fabrique d’église. L’initiative relève de sa seule responsabilité. Il est insupportable de penser que l’on puisse agir avec tant de légèreté sur un patrimoine exceptionnel aimé par toutes les Montoises et Montois et apprécié par les visiteurs du monde entier. Au fil des décennies. La Région et la ville de Mons ont consenti des efforts financiers colossaux pour rénover ce chef-d’œuvre."

Le collège communal a également fait part de son émoi, tandis que dans l'opposition, Mons en Mieux et le CDH ont indiqué qu'ils comptaient interpeller la majorité sur cette affaire rocambolesque. Le collège a toutefois déjà annoncé la couleur par voie de communiqué: "La Collégiale est gérée par une Fabrique d’Eglise indépendante du pouvoir communal. La Ville de Mons n’est donc en rien responsable des problèmes soulevés à juste titre ces derniers jours."