Plus contagieux, mais moins virulent, le variant Omicron fait exploser le nombre de contaminations et avec lui, celui des quarantaines. À tel point qu'il a fallu assouplir les mesures par crainte de voir le pays paralysé. Le secteur horeca n'est pas épargné. Certains établissements doivent même fermer.

Dans le Hainaut, on n'en est pas là. Même si cette cinquième vague cause du tort. "Le phénomène des fermetures d'établissements est plus marqué dans le centre-ville de Bruxelles", explique Luc Marchal, président de la fédération Horeca Hainaut. "Là-bas, il y a beaucoup de restaurants, de bistros et d'hôtels qui vivent de la clientèle d'affaires. Avec le télétravail, ils en prennent un coup. Et les rares jours où les travailleurs bossent en présentiel, ils n'ont généralement pas le temps d'aller manger un bout ou de boire un verre. Idem au niveau des institutions où la plupart des réunions se font en ligne."

Dans notre région, le télétravail cause du tort également. "Il y a aussi la clientèle qui, de manière générale, est plus inquiète et ose moins se rendre au restaurant. C'est comme ça à chaque fois que les chiffres repartent à la hausse", poursuit Luc Marchal. "Si vous allez sur la Grand-Place de Mons, vous allez voir des restaurants qui sont remplis le midi. Mais ils ne vont faire qu'un service au lieu de deux. En moyenne dans le Hainaut, les établissements horeca tournent entre 40 et 60%. Certains restaurants comme les Gribaumonts ou l'Envers fonctionnent encore bien. Mais même pour eux, c'est loin d'être une bonne année."

Des craintes pèsent également sur la disponibilité du personnel. "Ce qui vaut pour les autres secteurs vaut aussi pour l'horeca. Pour le moment dans le Hainaut, il n'y a pas de vague de fermetures. Mais si demain, dans votre équipe de cinq, il y en a trois qui manquent à l'appel parce qu'ils sont positifs ou en quarantaine, vous n'allez pas pouvoir assumer le service. Les assouplissements sont une bonne chose, néanmoins, le secteur reste inquiet."

Évoqué depuis longtemps, un label "covid safe" n'a pas encore vu le jour. Il permettrait d'adapter les mesures en fonction de la réalité du terrain en tenant compte de la situation propre à chaque restaurant, sa taille, sa capacité, la présence d'une terrasse ou pas… "Il y a tellement de changements, jour après jour, semaine après semaine, que nous ne savons pas encore très bien comment établir ce label. Mais il faudra y passer. D'après ce que disent les scientifiques, il faut s'attendre à d'autres virus dans les prochaines années. On doit donc se tenir prêt", conclut le président de la fédération Horeca Hainaut.