La nouvelle a fait grand bruit. En décembre, les ministres Jean-Luc Crucke et Willy Borsus annonçaient l'intention du gouvernement wallon de revendre ses parts de l'hippodrome de Wallonie situé à Ghlin. Un gouvernement qui est actuellement actionnaire de l'infrastructure à hauteur de 75,5%, aux côtés de la Fédération des courses hippiques (22%), de la Province du Hainaut (1%) et de structures privées (1%).

La nouvelle a fait grand bruit et soulevé de nombreuses questions. D'ailleurs, ce lundi, ils étaient trois à interroger le ministre Crucke au parlement wallon. Jacqueline Galant (MR) a demandé ce qui avait motivé la décision du gouvernement et s'il comptait vendre l'entièreté de ses parts ou en conserver une partie. Thierry Witsel (PS) s'est inquiété de savoir quelles garanties pourraient être offertes pour assurer l'avenir des activités hippiques en Wallonie. Il a également souhaité des éclaircissements par rapport à la Province du Hainaut qui n'a pas été concertée jusqu'à maintenant. Elle est pourtant co-propriétaire du site et dispose d'une école sur place. Enfin, Christophe Clersy (Ecolo) a interrogé le ministre sur les éléments chiffrés qui guident ce choix. Il a aussi réclamé des garanties pour les écoles et de manière générale pour l'avenir du site. Le Vert demande enfin s'il existe d'autres structures du même type, ailleurs en Europe, gérées à 100% par des privés et qui pourraient inspirer la Wallonie. Christophe Clersy, lui, n'en voit pas.

D'emblée, le ministre Jean-Luc Crucke a précisé que rien n'était encore décidé. La Sogepa doit remettre un rapport d'analyse pour le 31 décembre 2021 au plus tard. "Le gouvernement wallon décidera alors sur une base objective de l'avenir de l'hippodrome et des meilleures solutions pour son futur", a indiqué le ministre des Infrastructures sportives. "Sans préjuger des conclusions de l'étude qui est en cours, les balises pour tout candidat repreneur seront très claires: la solidité du projet industriel du candidat repreneur, sa crédibilité et son assise financière, la préservation des deux écoles sur le site et enfin, la pérennité de l'outil après transaction. En cas de revente, ces conditions seront essentielles. Il ne s'agit pour la Wallonie de revendre à tout prix, mais de trouver un repreneur qui exploitera et valorisera mieux encore qu'une institution publique cet outil commercial, certes, remarquable."

La vocation commerciale de l'infrastructure fait sourciller le gouvernement wallon. Après avoir répondu aux députés qui l'interpellaient, le ministre a lui-même soulevé des questions. "La Wallonie a-t-elle vocation à rester propriétaire d'un hippodrome qui a une vocation commerciale? Doit-elle être actionnaire majoritaire d'une SA dont l'objet n'est pas seulement la gestion d'une infrastructure hippique, mais aussi l'organisation de courses de chevaux? D'autant plus que cette SA tire une partie conséquente, à savoir près de 65% de son produit d'exploitation, des paris sur les courses de chevaux. Ce n'est quand même pas l'objet d'une activité de la Wallonie."

Sans préjuger des conclusions du rapport attendu de la Sogepa, les intentions du ministre ne font donc pas de mystères. La vocation commerciale n'est d'ailleurs pas le seul problème pour Jean-Luc Crucke. "Il y a un risque d'une requalification par la Commission européenne du subside octroyé en aide d'Etat. Ce qui pourrait se traduire par la récupération provisoire de l'aide accordée ou la suspension du régime d'aide à partir du 1er janvier 2010. Le montant total des subsides octroyés sur cette décennie s'élève à plus de 12 millions d'euros."

Ses intentions ne font pas de mystères, mais le ministre promet toutefois des débats une fois le rapport de la Sogepa bouclé. En attendant, le collège provincial a prévu de rencontrer prochainement le ministre-président Elio Di Rupo pour discuter de l'avenir de l'hippodrome.