L’annonce a eu l’effet d’un coup de poignard dans le dos. Il y a quelques jours, le gouvernement wallon, via les ministre Willy Borsus et Jean-Luc Crucke, annonçait sa volonté de vendre sa participation (75,5%) dans l’hippodrome de Wallonie et chargeait la Sogepa, bras financier de la Région wallonne, de trouver un repreneur pour que le site passe majoritairement entre les mains d’un investisseur privé.

Du côté de la province de Hainaut, la pilule passe extrêmement mal. "La Province n’est actionnaire qu’à hauteur de 2% mais nous nous investissons beaucoup dans le développement du site, avec notamment l’organisation de cours puisque l’hippodrome abrite une infrastructure scolaire provinciale qui accueille chaque jour une centaine d’élèves", rappelle Pascal Lafosse, député provincial.

"Nous n’avons absolument pas été informés de la décision de la Région wallonne. À aucun moment, le dialogue n’a été ouvert avec nous, actionnaires, ni avec l’administration de l’hippodrome. C’est une attitude vraiment méprisante, et je pèse mes mots. Aujourd’hui, je me pose une série de questions sur la volonté de la Région wallonne, qui s’empresse de revendre ses parts, au risque de brader le site. Que cherche-t-elle, en faisant cela ?"

Le député ne cache pas ses craintes de voir le site totalement démantelé. "La valeur comptable de l’hippodrome a été estimée à près de 2,6 millions d’euros, alors que la valeur réelle du site est plus bien élevée. Si les écoles sur le site sont préservées, pendant combien de temps le seront-elles ? De même, on évoque la pérennité de l’outil. Parle-t-on des courses ou d’autre chose et combien de temps cela durera-t-il ? Nous n’avons aucune garantie, aucune vision à long terme."

Pour justifier son choix de se retirer, la Région wallonne a évoqué la nécessité, pour l’hippodrome, de diversifier ses activités et ainsi trouver de nouvelles rentrées financières, par exemple via l’organisation d’événements, de concerts ou de réceptions. Soit autant d’activités commerciales « qui "s’écartent d’une mission de service public." Pour Pascal Lafosse, cet argument est là encore infondé.

"Il reste un total de 48 jours d’inoccupation du site, ce qui permettrait une rentrée financière potentielle de 144 000 euros. Un montant qui ne représente donc même pas 0,15% du chiffre d’affaires, qui s’élève à un million d’euros. Ont-ils réellement lu et compris les rapports qui mentionnent ces chiffres ?" Bref, à ce stade, sans réponse ministérielle, c’est un complexe sportif majeur de la région montoise, qui accueille tous les métiers du cheval et organise des événements internationaux, qui est plongé dans l’incertitude et l’incompréhension.

Le gouvernement wallon espère boucler l’opération avant la fin 2022. Autant dire demain.