Mons

Le syndicat craint la réforme du financement et rappelle les nombreux problèmes qu'essuie la zone.

Faire payer les provinces plutôt que les communes pour le financement des zones de secours, c'est ce que prévoit l'accord de gouvernement wallon. Mais la mesure inquiète la CSC, particulièrement en ce qui concerne la zone de secours Hainaut-Centre. Son secrétaire régional des Services Publics, Serge De Prez, a ainsi adressé une missive à tous les bourgmestres de la zone, chaque formation politique étant mise en copie. "Ce sera l'occasion de voir qui prend ses responsabilités et qui se cache la tête dans le sable", commente le syndicaliste.

La CSC craint en effet que la nouvelle mesure annoncée soit précédée d'un manque d'investissements, comme cela avait été le cas lors de la réforme de 2007. Une situation qui ne ferait qu'aggraver les problèmes déjà existants au sein de la zone de secours Hainaut-Centre et que le syndicat ne manque pas de rappeler.

Le secrétaire régional pointe ainsi l'absence de documents majeurs qui permettent l'anticipation, l'organisation et la gestion de la zone. "Par exemple, l'analyse des risques de la zone est périmée", relève Serge De Prez. "Il n'y a aucun programme pluriannuel de politique général, pourtant essentiel pour l'élaboration du budget. Le schéma d'organisation opérationnel s'arrête en 2018. Le plan du personnel n'est plus adapté."

Le syndicat s'inquiète également de la situation du personnel, rappelant le départ du directeur des opérations, celui de la responsable des marchés publics et des affaires générales, d'un des juristes – l'autre étant en congé maternité, d'un agent des ressources humaines… "Enfin, tant les postes professionnels que volontaires sont régulièrement en sous-effectif au point que le service à la population ne peut plus être garanti", ajoute Serge De Prez.

Et ce n'est pas l'idée d'un financement provincial qui va rassurer le syndicaliste. "On avance à l'aveugle. Aujourd'hui, ceux qui financent les zones sont responsables. Si demain, le financement est provincial, les bourgmestres seront-ils encore responsables? Cela dépend de dispositions fédérales. Comment le gouvernement wallon compte-t-il s'y prendre?"

Envoyé la semaine dernière, le courrier incendiaire du secrétaire régional fait manifestement du bruit en coulisses. "Il y a eu beaucoup de réactions, dans plusieurs conseils communaux, on inscrit le point à l'ordre du jour. Ce courrier dérange, on ne va pas s'en cacher. Mais il soulève surtout des questions pour lesquelles nous attendons des réponses", conclut Serge De Prez.