On le sait, la Province du Hainaut doit dégager d'ici 2024 quelque 52 millions d'euros pour assumer sa part du financement des zones de secours, comme le veut la réforme du gouvernement wallon. L'argent ne poussant pas dans les arbres, une task force créée au sein du conseil provincial a planché sur toute une série de mesures pour dégager les fonds nécessaires.

Si licencier du personnel reste une ligne rouge à ne pas franchir, il est tout de même prévu, sauf besoins impératifs, de ne plus recruter ni de remplacer les départs à la retraite. Et ça ne passe pas auprès de la CGSP qui compte faire entendre son mécontentement ce mardi au conseil provincial.

"Si l’autorité provinciale se veut rassurante, la CGSP est plus qu’inquiète des conséquences que ces mesures auront sur le personnel ainsi que sur les services aux citoyens", indique Laurent Dufrasne, secrétaire interrégional CGSP. "Ce n’est pas moins de 500 emplois -450 équivalents temps plein- qui disparaitront d’ici 2024, année électorale! Et plusieurs services seront purement et simplement arrêtés. Sur l’ensemble des provinces wallonnes, c’est plus de 1200 emplois qui seront perdus si rien ne change."

Pour le syndicat, une autre voie est possible. "La solution pour sauver ces emplois existe", poursuit Laurent Dufrasne. "La CGSP a cette solution : faire payer au gouvernement fédéral ce qu’il est tenu de payer légalement ! Le financement des zones de secours est fixé par la loi, il suffit de faire appliquer la loi !"

Pour rappel, le gouvernement fédéral est censé assumer 50% du financement des zones de secours, le reste revenant aux pouvoirs locaux. Le fédéral est cependant toujours resté bien en dessous de ce qu'il devait payer, les communes prenant en charge ce qu'il manquait. C'est pour soulager les finances communales que le gouvernement wallon a voulu réformer le financement des zones de secours, demandant aux provinces de reprendre progressivement d'ici 2024 la patate chaude.