Depuis le début de la crise sanitaire, la prison d’Andenne avait été épargnée par le Covid. Selon Marc Peeters, délégué syndical CSC, le virus a cette fois franchi les murs carcéraux. "Une dizaine de cas a été recensée, principalement sur deux ailes, mais l’on sait qu’au moins un détenu ayant pratiqué des activités sportives dans plusieurs ailes, est positif au Covid-19", s’inquiète le délégué principal, contacté par nos soins.

Pour ce dernier, le personnel est inquiet et reproche à la direction de ne pas prendre des mesures à la hauteur de la situation. "Le risque de propagation est très élevé, et si le virus se propage, ça risque de flamber, poursuit-il. Il y a un peu plus de 400 détenus, et nous sommes 280 assistants de surveillance pénitentiaire. Les contacts entre nous sont proches."

Craignant pour leur santé, les agents ont ce matin remis leurs clefs, "ce qui signifie que nous n’assurons plus les mouvements à l’intérieur de la prison, comme le préau. Nous sommes en service minimum, en attente du résultat des discussions en cours engagées avec la direction", précise le délégué syndical.

Après la discussion, le personnel pénitentiaire a finalement repris les clefs, rassuré par la direction. Le service n’est plus minimum mais la prison, elle, est fermée.

"Actuellement, sur 400 détenus, 16 cas ont été testés positifs au Covid-19, dans deux sections de la prison qui sont en isolement, annonçait ce lundi matin la directrice Catherine Zicot. Dimanche, nous avons testé 90 personnes, et 15 autres ce lundi. Les résultats des tests détermineront la suite à donner. En attendant, la prison est fermée ce lundi aux visites mais les agents assurent normalement leur travail."

Lundi matin encore, le délégué syndical rassurait quant à un possible mouvement de mauvaise humeur : "Nous sommes en période de fêtes. Il faut garder l’église au milieu du village. Nous réclamons juste des mesures proportionnées à la gravité."

Message qui semble donc avoir été entendu.