Assises de Namur : « L’alcool fait partie du fonctionnement de Bernard Marchal »

Bernard Marchal présentait un taux d'alcool de 3,60 g/L

JVE
Assises de Namur : « L’alcool fait partie du fonctionnement de Bernard Marchal »
©BELGA

La cour d’assises de Namur a poursuivi mardi le procès de Bernard Marchal, né en 1970, accusé du meurtre de son frère, Jean-Luc, né en 1963, commis le 30 octobre 2019 à Bois-de-Villers.

L’expertise de Bernard Marchal réalisée par le Dr Schena, expert-psychiatre, relève un trouble chronique de l’utilisation de l’alcool, un réel facteur de risque. Un fonctionnement intellectuel limite, voire un léger retard mental sont soulignés, tout comme une personnalité fruste. « Il a immédiatement évoqué ses regrets et l’impossibilité de réparer son geste. »

L’accusé a fréquenté l’enseignement spécialisé après une commotion cérébrale survenue à l’âge de 3 ans. Pour le calmer, son frère Jean-Luc lui avait fait boire une goutte d’alcool. En sautant d’une commode sur son lit, Bernard Marchal s’est blessé à la tête.

Le risque de récidive dans le chef de l’accusé est essentiellement lié à sa consommation d’alcool. « Il ne questionne pas sa consommation d’alcool car il fait partie de son fonctionnement. Son fonctionnement intellectuel ne lui permet pas de réaliser une prise de distance par rapport à cette substance. Il avait tenté une cure de 2 semaines qui avait échoué. »

Depuis les faits, il y a 2 ans et demi, Bernard Marchal, ne consomme plus d’alcool. « Le risque de récidive est évidemment moindre s’il ne consomme plus et s’il reste inséré socio-professionnellement. »

L’accusé est détenu sous surveillance électronique depuis plusieurs mois. Le psychiatre formule les recommandations suivantes en vue de réduire un risque de récidive : l’abstinence complète vis-à-vis de I'alcool, la consultation d'un psychiatre en vue de l'établissement d'une pharmacothérapie permettant de réduire Ie risque de rechute dans la consommation d'alcool et le maintien du niveau d'insertion socio-professionnelle.

Des analyses toxicologiques, il ressort que l’alcoolémie de Jean-Luc Marchal déterminée sur le prélèvement post-mortem était de 2,70 g/L, l’équivalent de 3,5 litres de bière. Aucune trace de médicament ou de stupéfiant n’a été relevée. Bernard Marchal était également sous l’influence de l’alcool (3,60 g/L) au moment de prélèvement, il avait donc sans doute déjà éliminé une partie de l’alcool consommé. Trois médicaments psychotropes ont également été décelés chez lui : du diazépam, du tramadol, et de la trazodone, médicament antidépresseur qu’il consommait depuis le décès de son père, durant l’été.

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