Finances communales à Namur : "La situation n’est pas bonne"

Le compte 2021 présente un déficit de près de 10,7 millions à l’exercice propre.

Maxime Prevot
©Jean Luc Flemal

L'ordre du jour du conseil communal de ce mardi incluait l'approbation du compte 2021 et la modification budgétaire n°1 de 2022. Comme l'a expliqué Maxime Prévot, la situation n'est pas bonne. "Aucune de ces difficultés (lire ci-dessous) ne trouve son origine dans notre gestion directe. Et c'est parfois cela qui est le plus frustrant et le plus révoltant : nous avons fait les efforts utiles et responsables durant des années pour assainir nos finances namuroises, et désormais la trajectoire des prochaines années se dégrade, fortement et de plus en plus rapidement, en raison de toutes ces mauvaises nouvelles qui s'imposent à nous sans que nous ayons la moindre capacité d'action ou de maîtrise sur ces éléments."

Et d’ajouter : "Le Plan Oxygène de la Wallonie va nous permettre de tenir le coup pour grosso modo les 5 à 10 prochaines années, toutes choses restant égales par ailleurs. Nous devrons donc rester ambitieux face aux défis à relever, mais prudents aussi. Conjuguer en quelque sorte la vigueur de l’action avec la rigueur de gestion."

Le compte 2021, qui couvre une année particulièrement marquée par le covid et ses périodes de confinement, présente un déficit de près de 10,7 millions € à l’exercice propre et de 1,4 millions € au global contre 4,1 millions € à l’exercice propre et l’équilibre au global tels que prévus au budget 2021 après la dernière modification budgétaire. Comme à chaque compte, ce résultat global doit néanmoins être augmenté des recettes compensatoires pour un montant total estimé de plus de 1,4 millions €. Ce qui porte le résultat global corrigé à un strict équilibre. A titre de comparaison, le compte 2020 après incorporation des recettes compensatoires présentait un boni de près de 8 millions € (7.995.110 €).

En ce qui concerne la première modification budégétaire de l'année 2022, "les dépenses de personnel, de fonctionnement et de transferts augmentent globalement de plus de 8 millions € en l'espace de 6 mois pour une dégradation nette de l'ordinaire de près de 5 millions €".

Maxime Prévot précise : "Ne nous voilons pas la face, si la modification budgétaire se présente au global en strict équilibre, c'est uniquement par le biais d'une ponction de près de 12,5 millions € en provenance du Plan Oxygène de la Région. Et, c'est une mauvaise nouvelle à un double titre car cela signifie que sans cette aide le budget présenterait un déficit de près de 12 millions € mais surtout que le recours à cette aide régionale n'est jamais qu'un palliatif sous forme d'emprunts dont nous assumerons 85 % du remboursement en capital".

Globalement, cette modification budgétaire traduit une diminution des investissements de près de 3 millions € par rapport au budget initial (52,3 millions contre 55,2 au budget initial) et le report temporel de certains projets.

Le bourgmestre termine : "Le compte 2021 et la première MB de 2022 ne sont pas réjouissants. Les perspectives des prochaines années pour toutes les villes et communes ne le sont pas davantage."

De nombreuses embûches impactent la situation budgétaire namuroise

De nombreuses raisons sont évoquées pour expliquer les difficultés rencontrées. A commencer par les pertes de recettes et les dépenses conséquentes liées à la crise covid ou qui découlent de celle-ci : avec un effet décalage de deux ans, toutes les personnes qui ont perdu leur emploi ou qui ont été placées en chômage temporaire de crise, ont perçu moins de revenus en 2020 et donc inévitablement, l’assiette de taxation s’est réduite.

Les pertes sèches de recettes du précompte immobilier, à hauteur de 4,5 millions €, en raison du retard pris par la Région pour enrôler cet impôt sont aussi mentionnées. Tout comme les indexations successives et cumulées des salaires, en raison de l’inflation galopante, “atteignant des niveaux inégalés depuis 40 ans”.

Le bourgmestre poursuit : “Les dépenses de fonctionnement vont crescendo. Les dépenses énergétiques particulièrement, puisque l’évolution des prix nous contraindra à une multiplication par deux, voire par trois (!), de notre facture. Disposant d’environ 400 bâtiments publics et d’un charroi de véhicules de plusieurs centaines d’unités également, chacun comprendra que la note sera très douloureuse.”

Les dépenses de transfert vont aussi devoir augmenter, surtout au bénéfice de la zone de police et du CPAS. “De manière générale, l’augmentation de la précarité en Belgique impacte aussi nos dépenses du CPAS”.

Ensuite : le plein impact du Tax-Shift fédéral décidé en son temps par le Gouvernement Michel, et qui franchit son dernier palier cette année, portant à 4 millions environ la perte sèche annuelle de recettes pour la Ville de Namur.

Autre élément impactant : les dépenses et investissements multiples qu’il a fallu consentir, au-delà de ce qui avait été initialement planifié, en raison des dramatiques inondations vécues l’été dernier. Ce sont pour rappel 7 millions d’euros de dépenses imprévues qui ont été décidées dans le cadre du plan qui fut présenté au conseil du mois de septembre 2021 et dont les premiers éléments sont inscrits dans la maquette budgétaire de cette année 2022.

L’explosion des prix des matériaux, le coût des pensions du personnel de la fonction publique et la crise des réfugiés ukrainiens, près d’un demi-million de dépenses supplémentaires et imprévues, viennent “compléter le tableau”.

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