Trafic d'être humain dans un restaurant asiatique d'Eghezée : un travailleur était logé sous la toiture

Trois prévenus sont accusés de trafic d’être humain.

Julien Van Espen
Trafic d'être humain dans un restaurant asiatique d'Eghezée : un travailleur était logé sous la toiture

Un contrôle de l’inspection sociale a été mené dans un restaurant asiatique d’Eghezée le 16 mars 2018. Un travailleur sans permis de séjour a pris la fuite mais a été rapidement rattrapé. Il s’est avéré qu’il était logé dans les sous-pentes de la toiture depuis 2 mois. Son dernier salaire ne lui avait pas été versé. Interrogé, il a déclaré qu’il avait payé 10.000 euros en Chine à des passeurs pour obtenir un visa, un billet d’avion, et venir travailler en Belgique. Les deux premières prévenues sont les patronnes de l’établissement qui nient la prévention de trafic d’être humain, mais sont en aveux des autres. Le troisième prévenu, accusé d’être le co-auteur du trafic d’être humain, est un parent éloigné du travailleur qui avait pris la fuite. Il affirme l’avoir simplement accueilli à l’aéroport de Bruxelles et l’avoir logé 2 nuits à Tongres avant qu’il commence à travailler 54 heures par semaine dans le restaurant d’Eghezée.

Questionnée sur le statut précaire de l'employé, une des prévenues, déjà condamnée en 2016 pour avoir fait travailler des personnes en séjour illégal, a déclaré qu'elle savait qu'il n'était pas en ordre de permis de séjour. "J'étais enceinte de 8 mois, nous ne trouvions pas d'employés et il y avait beaucoup de travail, alors j'ai accepté de le faire travailler. Comme il n'avait pas de papiers, il m'a été impossible de réaliser les formalités d'usage. Je lui ai par ailleurs donné son salaire en liquide le jour du contrôle de l'inspection sociale."

L’auditorat du travail a requis des peines de prison d’un an et des amendes de 16.000 euros et une amende de 16.000 euros à l’encontre des 3 prévenus devant répondre de préventions de trafic d’être humain. Il est également reproché aux deux dames d’avoir fait travailler un étranger sans permis de séjour, une absence de déclaration immédiate de travail, le non-affichage de l’horaire de travail ou de tenue d’un registre de dérogations pour deux travailleurs à temps partiel et un défaut de rémunération dans les délais prescrits.

Le conseil des 2 prévenues, dont une est mère de 4 enfants et à la tête de 2 restaurants, plaide la clémence du tribunal pour les préventions reconnues. Me Preumont souligne le dépassement du délai raisonnable et plaide l'acquittement du prévenu accusé d'être co-auteur du trafic d'être humain. "Il n'est pas mêlé à l'arrivée de ce parent en Belgique, il lui a simplement rendu un service tout à fait désintéressé, en l'accueillant à l'aéroport et en le logeant."

Le même établissement a été contrôlé en juin dernier. Un travailleur en séjour illégal, le beau-père de la prévenue, a cette fois pris la fuite.

Jugement le 26 octobre.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be