A peine âgé de 30 ans, cet entrepreneur en terrassement et parcs et jardins de la région namuroise compte une quarantaine de victimes à son actif, celles-ci ont été escroquées entre juillet 2018 et octobre 2019. Charmant au demeurant, l’homme, accusé d’escroquerie, d’abus de confiance, de crédit artificiel et d’aveux tardif de faillite, manœuvrait pour obtenir la confiance de ses clients. Même s’il annonçait un agenda chargé, il leur promettait des délais de réalisation courts, les accompagnait chez des fournisseurs pour choisir leurs matériaux. Il percevait l’acompte, mais ne réalisait pas les travaux. Un couple victime de ses agissements, qui a emprunté pour financer ses travaux, expliquait devant le tribunal à la mi-novembre : "Il nous a demandé un acompte de 21.000 euros. Il s’est montré harcelant, nous lui avons versé 8000 euros, puis le reste. Aujourd’hui, nous n’avons pas de terrasse et devrons payer 316 euros par mois pendant 8 ans." Une autre victime relatait : "Je verserai 365 euros par mois pendant 10 ans pour ma part. Pendant que lui mène un train de vie bourgeois que je ne pourrai pas avoir, part en vacances,…. Nous l’avons vu sur Facebook. Il était jeune et je lui ai fait confiance, de bonne foi."

Me Bouvier, curateur de la société faillie, réclamait le remboursement des 121.000 euros mais précisait d'emblée aux parties civiles : "Vous n’aurez rien, je dois vous le préciser. Il a à ce stade 1300 euros d’actifs et 400.000 euros de passif, dont 170.000 euros seront destinés aux créanciers privilégiés. Mais il n’y a à ce stade rien à récupérer. Il n’avait plus d’activités les derniers mois d’existence de la société et se contentait de toucher des acomptes pour des travaux qu’il ne comptait pas réaliser." Pour compléter le tableau, le prévenu a revendu plusieurs véhicules faisant l’objet d’un contrat de leasing, ce qui lui vallait une prévention d’abus de confiance.

Le substitut Debelle expliquait pour sa part : "La faillite est intervenue en octobre 2019, mais le prévenu était déjà en état de faillite virtuelle à la mi-2018. Il réalisait des devis inférieurs aux prix du marché, annonçait des délais brefs, mais demandait 50 % d’acompte, tout en sachant qu’il ne ferait pas les travaux. Ce passif de 400.000 euros est colossal et dans le même temps, il se versait un salaire équivalent à 5000 euros par mois."

Me Meunier, conseil du prévenu, défendait son client : "Il n’y avait pas de manœuvre frauduleuse dans son chef. Ce sont des manquements contractuels provoqués par son incapacité à gérer sa situation financière, mais pas des escroqueries. Je plaide donc l’acquittement pour cette prévention tout comme pour celle d’aveux tardif de faillite et de crédit artificiel." Pour l’abus de confiance, la suspension simple du prononcé de la condamnation était demandée.

Le tribunal correctionnel de Namur a prononcé son jugement ce mercredi : une peine d’un an de prison assortie d’un sursis de 5 ans, une amende de 500 euros, une interdiction professionnelle et la confiscation de 121.000 euros