La juge estime que les deux prévenus ont donné des coups de couteau et que, vu la nature des armes employées, le nombre de coups, la zone du corps sur laquelle ils ont été donnés et la rage affichée par les auteurs, l’intention homicide est établie.

Les faits se sont déroulés le 2 octobre 2019 peu avant 21 h, rue du Pont à Namur. Une altercation est survenue entre les chiens des deux prévenus et celui de la victime, qui n’était pas tenu en laisse. Le passant a reçu, par-derrière, 4 coups de couteau dans le dos et sur les flancs, avant de prendre la direction du commissariat tout proche, où il a perdu connaissance. Pascal a déjà été condamné par le passé à 5 ans de prison pour des coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité. Il expliquait, le 25 juin devant le tribunal : "Il y a eu une bagarre entre les chiens. L'autre ne tenait pas son american staff et l'excitait. J'avoue, je lui ai mis 4 coups de couteau mais il n'avait pas l'air si blessé que cela : il est reparti à pied et je n'avais pas de sang sur la lame de mon couteau." Le second, Michaël, confiait qu'il avait bu et pris de l'héroïne ce jour-là.

D’après le parquet et selon l’expert qui a examiné la victime, l’un des coups aurait pu s’avérer mortel. Tenant compte de l’arme employée, des coups répétés dans des zones sensibles du corps et de l’état de récidive légale des deux auteurs, le substitut Séminara réclamaitune peine de prison de 6 ans pour les deux prévenus. "Les témoins expliquent que la victime tentait de calmer son chien, au contraire de ce qu'affirment les prévenus. La victime s'est effondrée dans le sas de nuit du commissariat, elle était blessée et en état de choc. L'intention homicide est pour moi établie."

Dans son jugement, qui est intervenu ce mardi, la juge Matagne rappelle que le coups de couteau ont été donnés lors d’une seconde scène, qui s’est déroulée après l’altercation provoquée par le chien sans laisse. La juge estime que les deux prévenus ont donné des coups de couteau et que, vu la nature des armes employées, le nombre de coups, la zone du corps sur laquelle ils ont été donnés et la rage affichée par les auteurs, l’intention homicide est établie. Les deux prévenus, en état de récidive légale, sont chacun condamnés à 6 ans de prison.