Lors de l'audience du mois de juin, Marc, né en 1957, niait catégoriquement. "Je n’ai pas touché les enfants". Les faits qui lui étaient reprochés, des attentats à la pudeur dans la sphère familiale, auraient eu lieu entre 2007 et 2016 sur 8 des petits-enfants du prévenu, alors que ceux-ci n’avaient pas 10 ans.

C’est en 2014 qu’une des victimes a parlé des faits : son grand-père lui rendait visite quand elle faisait la sieste chez lui et mettait sa main dans sa culotte. Le dossier a été classé sans suite faute d’éléments. Dans la famille, la petite et ses parents ont été mis à l’écart. Jusqu’à ce qu’en 2016, une autre enfant parle et dénonce les mêmes faits, qui se sont déroulés de la même façon. Mi-juin, tous les membres la famille était présente pour entendre les explications du grand-père. Ils sont restés sur leur faim, en colère.

A la place, c’est l’inventaire des séquelles dont souffrent les enfants qui a été dressé. Une des enfants a depuis les faits fait 3 tentatives de suicide par pendaison, elle est aujourd’hui suivie par un psychologue. Elle veut tourner la page et a développé une peur panique de croiser son papy. "Elle souffre d’une dépression sévère et lui ne se remet pas en question, malgré un test au polygraphe", soulignait une avocate.

Une autre victime a développé des terreurs nocturnes et souffre depuis les faits de psoriasis, elle ne veut plus parler de ce qui s’est passé. Une autre ne peut plus déloger sans qu’une présence féminine réconfortante soit dans la pièce. Des conséquences psychologiques à long terme étaient mises en avant. "Ma fille est détruite, il a réussi son coup, elle fait des cauchemars et elle hurle la nuit, elle est traumatisée, elle est devenue agressive. Il a brisé des vies et ne veut pas le reconnaître."

Le substitut Reusens, qui réclamait une peine de 10 ans de prison, expliquait : "Le prévenu est toujours resté de marbre, il a tenté d’étouffer les faits et a menacé de se suicider si ses enfants lui en parlaient encore. Les petits ont eu peur de parler, ils ont craint les conséquences pour leur grand-mère. Mais toutes leurs versions concordent et le modus operandi est à chaque fois le même. Les experts soulignent pour la plupart des enfants la forte probabilité que leurs déclarations soient crédibles. Le prévenu est dans le déni total, on parle pourtant, à minima, de 10 ans de sévices."

Le verdict est tombé ce jeudi : le grand-père est condamné à 7 ans de prison.