Le parquet de Namur a requis ce jeudi une peine de prison de 8 ans à l’encontre d’un prévenu, Pierre B, pour un braquage à main armée commis à Bouge, le 10 novembre 2018.

Pierre B, qui se trouve en état de récidive légale et comparaît détenu, est accusé d’avoir braqué une station-service namuroise avec plusieurs amis à bord d’une Audi A4 volée. Un peu plus de 1000 euros ont été dérobés lors de ce vol avec violence lors duquel le tenancier a été menacé avec une arme.

Lors de la précédente audience, en septembre, le prévenu, notamment déjà condamné à 40 mois pour vol avec violence par la cour d'appel de Mons,  niait les faits. "On a retrouvé mes empreintes dans la voiture, mais je monte souvent dans des voitures avec des amis. On dit que cette voiture avait été volée ? Je ne le savais pas". Les images de vidéosurveillance montrent que l’auteur a la même corpulence et boite, tout comme le prévenu.

Une expertise de qualification a été réalisée depuis le mois de septembre. Elle révèle que l’employé braqué souffre d’une anxiété post traumatique, mais que celle-ci ne constitue pas une incapacité de travail de plus de 4 mois, ce qui a son importance dans la qualification pénale des faits.

Le tenancier est depuis lors traumatisé : il est devenu alcoolique et a perdu son emploi. Son avocat explique : "La voiture avec laquelle le vol a été commis a été dérobée ce jour-là à 2h30 près de Mons. Le braquage a eu lieu à 5h à Bouge. La voiture a été retrouvée le 12 novembre près du lieu de résidence du prévenu et elle contenait des objets lui appartenant. Son ADN est sur le sac utilisé, qui était sur les lieux du crime. Et on voudrait nous faire croire qu'il n'y est pour rien ? Son CV est éloquent, c'est un routard du braquage en Belgique francophone et Namur est le seul arrondissement dans lequel il n'a pas été condamné alors qu'il n'a que 21 ans"

Le substitut Gaublomme requiert une peine de prison de 8 ans. "Ce braquage était très violent. Il y a une gradation dans les actes du prévenu, qui a utilisé un fusil à pompe ce jour-là. Deux témoins ont poursuivi les auteurs, qui les ont également braqués sur l'autoroute avec cette arme."

Le conseil du prévenu plaide pour sa part l’acquittement, estimant que les éléments matériels du dossier ne permettent pas d’asseoir la culpabilité de son client. "J'ai le sentiment que personne ne croit à son innocence, mais il n'y a pas d'éléments significatifs contre lui dans le dossier. Les images de vidéosurveillance sont de mauvaise qualité, elles ne peuvent pas fonder sa culpabilité. Les ADNS retrouvés sont mélangés ou partiels."

Jugement le 12 novembre.