Le parquet de Namur a réclamé ce vendredi une peine de travail de 150 heures, une amende de 200 euros, une interdiction professionnelle et le versement d’une somme de 86.000 euros considérée comme détournée à la curatelle d’une entreprise de toiture namuroise dont le gérant est accusé d’abus de biens sociaux, de détournement d’actifs et d’abus de confiance.

La société dont il est question a été déclarée en faillite le 18 octobre 2018, elle présentait un passif de 418.000 euros et était en difficulté depuis 2016. Ce matin devant le tribunal, son gérant a dû s’expliquer au sujet de divers retraits et paiements effectués. Alors que l’entreprise était au bord de la faillite, il aurait tenté de transférer 6 véhicules de celle-ci vers une autre de ses sociétés en les faisant réimatriculler afin d’éviter qu’ils soient saisis. Une somme de 17.000 euros venant des comptes de la société a été utilisée afin de payer les frais de notaire de son habitation privée, alors que 25.000 euros ont été employés pour payer des cotisations sociales. Diverses dépenses (restaurants, magasins de sport, magasins de nuit,…) à priori sans rapport avec l’objet social de la société, pour un montant de 27.000 euros sont relevées. L’intéressé explique qu’il les considérait comme des rémunérations...alors qu’il se versait un salaire mensuel de 2500 euros. Une autre somme de 20.500 euros, non justifiée, est également mentionnée au dossier.

Le conseil du prévenu plaide l’acquittement de ce dernier. Si il concède au tribunal les lacunes de son client en matière administrative, il a justifié point par point les faits reprochés à celui qui est toujours aujourd’hui entrepreneur. LE prévenu s’est adressé au tribunal : « Je reconnais cet échec mais je n’ai pas détourné d’argent. Mon activité professionnelle est aujourd’hui tout ce qu’il me reste, je n’ai plus d’argent, plus de biens. Je veux m’améliorer, ne m’interdisez pas de travailler. »

Jugement le 25 juin.