Estimant l'intention homicide non-établie, le parquet obtient la requalification en coups et blessures volontaires

Marc (prénom d’emprunt),né en 1985, ne s’explique toujours pas ce qui lui est passé par la tête le 29 novembre 2018 à Namur. Après avoir consommé de l’alcool et du Valium, il a tenté d’étrangler sa mère. Il était inculpé de tentative de meurtre.

« J’avais perdu le contrôle de ma vie à cette période. Je n’aurais pas dû m’en prendre à elle, je n'ai pas voulu la tuer. », expliquait-il le 4 juin Après une altercation verbale avec son père, le prévenu, qui a déjà effectué 9 cures de désintoxication pour son addiction à l'alcool, s’en est pris physiquement à sa mère : il a soulevé celle-ci de son fauteuil avant de lui verser une bière sur la tête et de se mettre à genoux sur elle en tentant de l’étrangler. C’est grâce à l’intervention de son père qu’il a lâché celle-ci, avant de donner un coup de poing dans une vitre, de fondre en larmes et d’appeler lui-même la police.

« Je me suis toujours bien entendu avec maman, je ne sais pas pourquoi j’ai fait cela", disait le prévenu. Il revoit depuis sa mère ("On s'entend très bien") et n'a plus bu une goute d'alcool, depuis 18 mois. Une expertise mentale réalisée estime que l’alcool et le fait de cohabiter avec sa mère constituent des facteurs de risque mais que le prévenu n’était pas atteint d’un trouble mental ayant aboli son discernement au moment des faits.

Le substitut Samain, qui évoquait une scène "apocalyptique", le prévenu ayant bu près de 4 litres de bière et pris du valium, estimait que l’intention homicide n’est pas établie dans le chef de l’auteur et réclamait une peine de 2 ans de prison assortie d’un sursis probatoire et de conditions très strictes en matière d’accompagnement médical et thérapeutique. Ceci, au vu du respect des conditions du prévenu depuis sa libération.

Le tribunal a requalifié ce jeudi les faits en coups et blessures volontaires et condamne le prévenu à une peine de 2 ans assortie d’un sursis probatoire de 2 ans pour ce qui excède la détention préventive déjà effectuée et à une amende de 200 euros