Carine Stage, nous vous en parlions en janvier dernier, est auteure namuroise, auteure de son terroir, qu’elle apprécie tant! Nous l’attendions avec un récit au cœur de Marche-les-Dames. La voici avec un roman qui se joue dans un spectre plus large: les vallées de la Meuse et de la Gelbressée.

Après « Le réveil de Coquelicot » dont le cadre était la citadelle de Namur, un lieu qu’elle affectionne beaucoup et qu’elle a néanmoins un peu délaissé, elle décrit avec passion les merveilles, la magie des lieux où nous emmène son nouveau roman. On ressent à la lecture les bienfaits des environnements parcourus… La cadre claustral de l’abbaye appelle à la contemplation mais aussi à la joie de vivre!

Pendant le confinement, l’auteure, enfermée chez elle, derrière son PC et ses nombreuses visioconférences, avait besoin de s’évader. car oui, elle le confirme: "Le télétravail, même si vous le gérez à votre rythme, ça peut épuiser et vous couper de tout lien social! Et vivant seule (ndlr: avec son chat), le contact humain, j’en ai besoin! Échanger, apprendre, entamer un brin de causette, croiser un regard ou un sourire… C’est important dans la vie!"

"Pas question de m’envoler vers des contrées plus lointaines. Les règles sont les mêmes pour tous. Des proches ont été victimes de la Covid malgré toutes les précautions. Alors, enfreindre les mesures recommandées, même parfois démesurées ou mal conçues, j’ai préféré éviter." Alors, l'auteure a décidé de privilégier une nouvelle fois son terroir, si diversifié. "Parcourir des lieux qui étaient si proches et malgré tout méconnus… Errer dans des environnements sereins, loin du brouhaha humain et de l’anxiété ou de la colère de certains, j’y ai trouvé un terrain d’explorations aussi magiques que patrimonialement intéressantes et y ai campé un nouveau récit!"

Les prospections documentées, l’histoire des lieux, les recherches de détails, la quête de témoignages concernant les milieux où exercent ses personnages: un travail ardu, avec des moments de relâche, tant l’atmosphère pouvait être pesante à certains moments. "Oui, ce récit m’a pris davantage de temps que je ne le pensais: toujours en quête d’actualiser mon histoire par rapport à l’actualité, mais également à l’ajuster en fonction de mes visites au gré des saisons, mais quel bonheur! Profiter autrement des halages et quartiers dont je ne m’imaginais pas autant d’authenticité, que ce soit à Dave, à Profondeville ou encore à Beez… Re-découvrir la région au gré de mes pas, dans le silence ou les multiples vocalises des oiseaux..."

L’histoire? Actuelle par les faits, intemporelle par les contrées. Défenseuse du bien-être animal, elle a choisi un chat, naïf, comme fil conducteur. Sans le savoir, les différents personnages auront un lien avec ce félin au cours de l’histoire. Après avoir connu l’enfer de l’abandon et d’un refuge, sa nouvelle famille en vient à « l’oublier », trop prise par ses activités professionnelles et familiales.

Jean-François, agent pénitentiaire et Ludivine, aide-soignante, nous plongent derrière les portes des établissements pénitentiaires et des soins de santé. L’auteure nous permet de relater certaines facettes ignorées de ce que vivent au quotidien le personnel mais également les détenus ou patients. Un jour pourtant, leur quotidien prend une nouvelle tournure. Liam, leur fils, âgé de 11 ans, découvre un virus en provenance du pays où ils envisagent leur prochain voyage. Lui qui se réjouit de découvrir la grande muraille de Chine… Les interrogations fusent; le quotidien de chacun s’en voit chamboulé. Pourtant, derrière la porte du foyer, la vie classique, ou presque, d’une famille…

Agathe, journaliste bohème, vit dans son monde, loin de la réalité bouleversante qui se vit à côté de chez elle… Elle, son inspiration, elle la trouve dans l’âme des arbres…

Tigrou… il fugue, entame une nouvelle vie pleine de rebondissements dans la sympathique localité de Beez.

Intrigues, découverte de nos merveilleuses vallées, témoignages réels d’agents de terrain quant à leur travail journalier, micro-trottoir: une vie banale qui peut nous toucher tous, dans les bons et mauvais moments de notre existence, avec ou sans virus.

Les personnages principaux bénéficient d’un environnement naturel, historique, majestueux qui leur permet de sortir la tête hors de l’eau.

« A l’ombre du quotidien », c’est la curiosité de l’enfance, les aspirations de l’adolescence, la responsabilité des adultes, l’expérience des âges de la vie. Des personnages avec beaucoup d’humanité. Des leçons de vie qui nous apprennent que la patience, l’intelligence permettent de décupler nos forces face à la vie et à ses obstacles.

Son roman détend, ressource, instruit. Il invite au voyage au cœur de notre terroir. 

Outre sa marque de fabrique « Auteure du terroir », Carine nous confie que le public visé, ce sont les lecteurs de tout âge, concernés de près ou de loin par les milieux évoqués, et tout citoyen « lambda » qui pourra se retrouver au cœur de l’histoire, e0squiver un sourire ou une larme, mais se rendre compte de la préciosité du temps, de profiter de la beauté de la vie et par ailleurs du charme du terroir qui nous entoure!

Un nouveau roman en perspective? L’auteure n’est pas friande de dévoiler ses projets. Ils peuvent prendre forme à l’écoute d’un dialogue, la vision d’un objet, d’une scène croisée. Chose certaine: le cadre sera territorial. Elle y a pris gout. Faire découvrir ou rappeler l’histoire d’un lieu, d’une rue, d’un métier, au travers de ses récits, c’est également un retour vers ses racines, nos racines à tous !

Roman tout public, 287 pages, 15€, vendu Au Bia Bouquin à Jambes, Papyrus à Namur et sur le site https://www.publier-un-livre.com/fr/recherche?q=carine+stage