Marc (prénom d’emprunt), né en 1971, est accro au Xanax depuis 17 ans. A tel point que cet habitant du nord du pays souffrant de névrose est connu, notamment pour faux, dans de nombreuses pharmacies, pour son obsession pour la molécule d’alprazolam. Le 13 février 2017, c’est en état de manque qu’il prend sa voiture et part en quête de tranquillisants. Il s’équipe d’un revolver, d’un couteau, d’une cagoule et d’un pied de biche et s’arrête en chemin pour acheter des bas nylons pour se dissimuler le visage. Sur le coup de 18h, il pénètre, cagoulé et armé, dans une pharmacie gembloutoise, se fait remettre le contenu de la caisse, soit 800 euros, et une cinquantaine de boîtes de Xanax, avant de ligoter la tenancière et deux clientes, de les faire se coucher face contre terre et de commettre un attentat à la pudeur sur l’une des deux clientes.

Interpellé sur les lieux par la police, il reconnaissait les faits lors de l'audience du 15 février mais affirmait ne pas s’en souvenir. “J’ai vu la vidéo et les photos. Je suis bien obligé d’avouer, mais je ne m’en souviens absolument pas ; c’est le trou noir”.

Le parquet de Namur réclamait une peine de 6 ans de prison. Le substitut Derestiat expliquait : “Comme en témoignent les images de vidéosurveillance, les faits étaient d’une extrême violence. 10 jours plus tôt, le prévenu avait commis un braquage similaire, à Duffel. Il évoque une amnésie, je constate qu’il avait préparé son acte, emportant avec lui tout le matériel nécessaire à la commission de l’infraction.

Le conseil du prévenu, qui a effectué 6 mois de détention préventive et est sevré depuis lors, plaidait une peine de probation autonome et demandait au tribunal de tenir compte de l’altération grave des facultés mentales de l’auteur au moment des faits, état qui a été objectivé par une expertise.

En fin d’audience, Marc s’était adressé à la cliente constituée partie civile : “Je ne vous connais pas et je n’ai pas voulu voud faire de mal, je vous présente mes excuses, cela n’aurait jamais du se passer. Je ne me reconnais pas dans cet acte auquel j’ai réfléchi 24hsur 24 lorsque j’étais en prison. Je suis désolé d’avoir causé un préjudice à cause de ma dépendance idiote.

Le tribunal a rendu son jugement ce lundi. Le prévenu est condamné à une peine de 5 ans assortie d'un sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive déjà effectuée.