La cour d’assises de Namur a entamé lundi le procès de Xavier Van Dam, accusé de séquestration, viol, et assassinat sur Wivinne Marion, le 1er novembre 2018 à Namur.

La session d’assises a débuté avec la lecture de l’acte d’accusation par l’avocat général Audrey Seminara.

L’affaire débute suite aux constats d’un agriculteur. Peu avant 9h, à Boninne, ce dernier a surpris l’accusé, Xavier Van Dam, né en 1990, en train de donner des coups et d’étrangler une femme avant de la charger dans le coffre de sa voiture, une Renault Laguna bleue qui démarre en trombe. Le témoin a relevé partiellement la plaque du véhicule et les forces de l’ordre recherchent celle-ci dans la région de Namur. La voiture de Van Dam est alors repérée au bord du hallage, à Flawinne. Le temps que les policiers se rendent sur les lieux, l’accusé a précipité le véhicule dans la Sambre. Celle-ci contient le corps de Wivinne Marion, la victime, née en 1976.

Privé de liberté dans la foulée, le Namurois explique qu’il est sorti la veille dans une soirée à Meux qu’il a quittée vers 5h. Il évoque ensuite un trou noir lié à sa consommation d’alcool et le fait de s’être réveillé couvert de sang sur un parking à Onoz. C’est à ce moment qu’il aurait découvert le corps de Wivinne Marion dans son coffre et aurait tenté de s’en débarrasser, pris de panique. Entre-temps, la disparition de la victime, médecin au CHR de Namur, avait été signalée par son mari, celle-ci n’étant jamais rentrée de son jogging matinal. Lors d’un de ses premiers interrogatoires, Van Dam déclarera : « C’est horrible. Vu que je ne me souviens pas de tout ça, j’ai une certaine distance vis-à-vis de ça. C’est l’oeuvre d’un animal, d’une personne inhumaine. Aucune personne ne devrait vivre ça. Je ne la connais pas, je n’ai pas de souvenir de l’avoir vue. J’ai l’impression d’être un monstre en disant ça, mais je ne me souviens de rien donc je n’éprouve pas de regret vis-à-vis de Wivinne Marion. Si c ‘est moi, j’ai pas envie de m’en souvenir. »

L’autopsie de la Namuroise révélera un important traumatisme crâno-facial et des manœuvres strangulatoires manuelles, qui sont la cause de la mort de Wivinne Marion, qui était déjà décédée avant que l’accusé précipite son véhicule dans la Sambre.

Des analyses toxicologiques, il ressort que Van Dam avait consommé de l’alcool et de la cocaïne le soir des faits. A 8h53, son alcoolémie était estimée à 1,53 grammes par litre de sang. L’ADN de l’accusé a été retrouvé sur le corps de la victime. Des expertises psychiatriques et psychologiques de Van Dam, il ressort que « son amnésie affirmée apparaît peu crédible et vraisemblablement manipulatoire », précisant que les quantités de toxiques absorbées avant les faits ne sont pas de nature à avoir provoqué une telle amnésie. Des traits manifestes de personnalité psychopathique sont relevés.

Les débats se poursuivront avec l’interrogatoire de l’accusé.