Sans surprise mais avec beaucoup de colère, les travailleurs de Brantano viennent d’apprendre la reconnaissance de la faillite de leur entreprise suite à la décision du tribunal de l’entreprise de Malines.

"Depuis samedi, la plupart des travailleurs sont en grève refusant de travailler gratuitement, les comptes de l’entreprise ayant été bloqués par les banques. Cela se fait dans des conditions émotionnellement difficiles puisqu’ils savent qu’ils perdent leur emploi. Les conditions qui ont mené à cette faillite la rendent inacceptable. Les travailleurs n’en subiront pas les conséquences sans réagir", prévient Myriam Djegham secrétaire permanente CNE qui annonce une action ce mardi à 10h devant le magasin Brantano de Champion, rue Louis Albert, 3 à 5020 Namur "pour dénoncer l’inacceptable et exiger une enquête approfondie".

Pour les tavailleurs, la société n'a fait faillite qu'en raison de l'appât du gain de certains. "La politique des fondateurs de FNG, par ailleurs principaux actionnaires, avait été plusieurs fois dénoncé par les travailleurs comme financière plutôt que commerciale. Mués par la folie des grandeurs, les administrateurs ont racheté une nouvelle entreprise à prix d’or quasiment tous les ans depuis la création du groupe en 2003, creusant l’endettement du groupe alors que le projet commercial global des entités ne tenait pas la route", commente le syndicat.

Elle estime que les banques ont accordé des prêts de façon surprenante alors que la situation économique était totalement illisible vu la complexité de la structure et que les résultats n’étaient pas au rendez-vous. "A cela s’ajoute, l’alerte de la FSMA, l’autorité de contrôle des marchés financiers, par rapport à des transactions douteuses pour lesquelles elle n’a toujours pas reçu de clarifications et pour lesquelles, le 8 juillet, elle a transféré le dossier à la justice", poursuit la permanente syndicale.

Les travailleurs trouvent choquant que les fondateurs incriminés soient toujours actionnaires "de la seule entité qui a de bons résultats, l’entreprise Ellos, la plate-forme suédoise de vente de décoration d’intérieur. Elle a été rachetée en juillet 2019 grâce à un emprunt de 140 millions qui a contribué à accroître l’endettement. La faillite permet d’effacer l’ardoise de toutes les dettes et des indemnités de licenciement des 1.400 travailleurs en Belgique", dénonce Myriam Djegham.