On ne sait pas confirmer si la ville d’Andenne est la commune qui a introduit le plus de recours ces dernières années en Wallonie, mais elle en a introduit beaucoup.

"Chaque année, on compte entre 100 à 120 dossiers procéduraux qui sont ouverts. C’est énorme. D’autres communes en comptent… une dizaine seulement. Des gros ou des petits dossiers. On travaille aussi avec des bureaux d’avocats très connus, ça aide. C’est certain, la Ville ne se laisse pas faire lorsqu’elle se sent lésée. Il faut dire que le bourgmestre est juriste de formation. Dès le départ, il a vu l’importance du Service juridique", explique Pascal Terwagne, le responsable du Service juridique de la commune. En place depuis une vingtaine d’années, il est bien placé quand il dit que la Ville a pu "gagner/épargner de l’argent" en faisant parler son droit.

Une information confirmée par Claude Eerdekens lui-même. "La Ville épargne au moins 500.000€ par an. C’est en fonction du dossier." Andenne, ville modèle en ce qui concerne les actions en justice ? Sans doute. Même si l’opposition est plutôt sceptique par moments. "L’équipe juridique est forte, c’est vrai. On a quand même parfois l’impression qu’on ne dialogue pas assez, qu’on ne cherche plus le compromis avec l’autre partie. Que la Ville adopte une stratégie guerrière plutôt que constructive. C’est directement via la justice qu’on règle nos affaires", entend-on. Peut-être, mais il faut savoir que 90 % des affaires sont gagnées par la Ville.

Le contribuable andennais peut donc dormir sur ses deux oreilles. On ne gaspille pas son argent. Une politique agressive, intelligente quand elle est gagnante. D’autres communes n’ont pas cette chance ou l’audace d’attaquer parfois des institutions. "Dommage pour elles ! Ici, on défend d’abord les intérêts du citoyen, pas d’un parti politique. Je comprends qu’il peut parfois y avoir des situations embarrassantes. Une commune qui intente une action en justice contre par exemple un Ministre qui a la même couleur de parti… Peu importe le niveau de Pouvoir, Fédéral ou Régional, celui-ci peut se tromper. Lorsque la Ville est lésée, elle doit se défendre. Nous n’aurons jamais une attitude capitulaire", ajoute le bourgmestre.

La dernière action en justice va avoir lieu. Il s’agit d’un recours contre la Région wallonne. En résumé, celle-ci avait déjà réalisée une cartographie de la Ville au niveau des zones inondables, il y a environ 3 ans. Cette cartographie était erronée selon la Ville d’Andenne qui avait eu gain de cause avec la décision du Conseil d’Etat. Mais… rebelote cette année. "La RW nous fait un copier/coller de la version précédente ! Elle comporte encore 5-6 erreurs. La RW n’a pas tenu compte des remarques de la Ville et du Conseil d’Etat. Bref, on ne peut pas accepter cette version. D’où cette action en justice…", précise en substance Pascal Terwagne. De là à dire que le verdict est déjà connu…