Cette année, les marcheurs de l’Entre-Sambre-et-Meuse n’ont pas pu égayer nos villages à cause de la crise sanitaire. Ce qui a inévitablement créé des problèmes chez les deux "louageurs" de costumes : la maison Simons à Gerpinnes et la maison Leclercq à Tarcienne (Walcourt) qui ont vu leur activité réduite à zéro pour cette dernière saison.

L’Association Royale des Marches folkloriques de l’Entre-Sambre-et-Meuse (ARMFESM) a lancé un appel aux dons pour soutenir ces louageurs. "Il y a très peu de sociétés de marcheurs qui sont propriétaires de leurs costumes. 90 % de celles-ci passent par des maisons qui louent ceux-ci. Nous voulons éviter qu’elles ne mettent la clé sous le paillasson parce que sans ces maisons, les marches folkloriques vont disparaître ", a déclaré Gérard Adam président de l’association. Selon ce dernier, l’argent récolté ira intégralement aux maisons spécialisées dans la location de costumes de marches folkloriques et toutes les opérations se feront sous le contrôle d’un huissier de justice.

Une initiative qui ravit Bernard, marcheur à Walcourt : "Ici, presque toutes les compagnies sont propriétaires de leurs costumes mais ce n'est pas le cas pour beaucoup de Compagnies. Il faut faire en sorte d’aider les deux sociétés de Gerpinnes et Tarcienne qui louent les costumes et les accessoires parce que c’est grâce à elles que la plupart des pelotons peuvent sortir pour leur marche. Ces deux sociétés sont primordiales pour la pérennité de notre folklore."

À la maison Leclercq, le plus ancien louageur de costumes, on est un peu surpris par cette initiative. "Cet appel lancé par l’association des marches part d’une très bonne intention, j’en suis sûre, cependant nous nous refusions depuis le début de cette crise de recevoir des dons de la part de nos clients, et ce, alors que beaucoup de gens nous l’avaient proposé. Nous avons donc été très étonnés en découvrant la publication sur Facebook, car nous n’en avions pas été informés. Mais je suis certaine que leur intention était de faire quelque chose pour nous aider, et pour ça nous les remercions ", explique Melody Guyaux. "Nous aimerions évidemment que la prochaine saison puisse se dérouler, en respectant les protocoles qui seront mis en place, non seulement pour retrouver une vie sociale qui nous manque à tous ou entendre les tambours résonner, mais aussi pour garantir le futur de nos commerces et donc du folklore ! ", ajoute Melody. "Si l’opportunité de marcher cette année nous est donnée, je pense qu’il est important de la saisir, même si les choses seront sans doute différentes, c’est une des seules solutions pour tous les commerces qui vivent de ce folklore de s’en sortir ", conclut-elle.

Eddy, de son côté, veut un pas de plus : "Je suis à 100 % d’accord d’aider les louageurs et je ferai un don. Mais on ne sait pas de quoi sera fait 2021. Allons-nous marcher ? Dans le cas contraire, certains réfléchissent déjà à des solutions alternatives. En 2020, nous avons été surpris, nous n’avons pu réagir mais maintenant, il faut des solutions pour assurer l’avenir de notre folklore. "

Info: Compte BE91 1030 5974 3176 avec la mention "Solidarité avec nos louageurs".