La cour d’assises de Namur a poursuivi mercredi le procès de Lonnie Meunier, un trentenaire originaire de la région de Chiny qui doit répondre du meurtre de Marie-Claire Wauthier, commis à Gembloux le 3 juin 2017.

Outre l’audition de témoins, les experts psychiatres et psychologues ont été entendus mercredi matin. Une question posée par l’une des jurées a entraîné une demande de récusation de la part de la défense de l’accusé, Lonnie Meunier. Me D’agristina et Molders ont en effet estimé que celle-ci avait fait part d’un avis en questionnant un des experts au sujet de « contradictions dans le chef de l’accusé ». Après délibération, la cour a décidé de récuser la jurée et de la remplacer par la première jurée suppléante.

Les experts soulignent que Meunier présente une façade normale, qu’il ne souffre ni de psychose ni de délire, même si des tendances antisociales et psychopathiques sont relevées. N’étant pas addict au sexe, il ne peut être décrit comme un prédateur sexuel pervers. Des tests réalisés par les différents intervenants, il ressort un surcontrôle des éléments de colère et des sentiments en général. « J’ai fait les nœuds, je me sens donc responsable de ce qui est arrivé », a confie l’accusé lors d’un entretien. Révélant une personnalité de suiveur, il s’est laissé guidé par la victime, plus expérimentée, lors de leur séance de sexe. Un faible niveau d’empathie est relevé dans le chef de Meunier, qui réalise des lectures autocentrées des situations auxquelles il est confronté. Un narcissisme secret et des fantasmes de puissance sont évoqués le concernant.

Lors de la scène qui fut fatale à Marie-Claire Wauthier, il était en possession de sa capacité de discernement et en « total contrôle de ses actions », même si il n’a pas assumé les conséquences de ces actes avec la mise à feu du lit sur lequel gisait la victime, réalisée dans la panique, de façon précipitée et brouillonne. Au vu du déroulement des faits, une récidive de même type est peu probable.

En conclusion, la personnalité de Meunier, lisse en façade, présente une part d’ombre, une facette plus profonde remplie de fantasmatique mais sans qu’aucune paraphilie ne soit décelée. Des fantasmes de relations extraconjugales et de rapports de puissance sont relevés. Ce qui se confirme au vu des faits, comme lorsqu’il s’est fait passer pour un chef d’entreprise auprès de Marie-Claire Wauthier ou lorsqu’il a dominé celle-ci en l’attachant.