Pour eux, l'ennui est la cause de l'alcoolisme de Patricia Wuidart

Plusieurs témoins ont encore été entendus mercredi dans la journée dans le cadre du procès en assises de Didier Beelaert, qui a étranglé sa femme Patricia Wuidart en février 2018 à Andenne.

Ainsi, la nièce et filleule de Beelaert, la fille de sa soeur, a parlé de la situation du couple de son parrain. “Patricia se laissait mourir. Elle m’a déjà dit que tout ce qu’elle voulait, c’était partir. Elle m’a déjà fait part lors d’une réunion de famille du fait qu’elle avait souffert de l’alcoolisme de ses parents et de son premier époux.” Selon la jeune femme, si Beelaert l’appelait volontiers “ma chérie”, “mon amour” ou “mon petit coeur”, même dans les moments difficiles de leur vie, Patricia Wuidart avait plutôt tendance à répondre par “connard”, “bouffon” ou “gros con”.

Selon Emile, l’oncle de Beelaert, Patricia Wuidart était “une épave”. “Je n’ai jamais vu quelqu’un ivre à ce point. Je lui disais qu’il devait divorcer, mais il me répondait “où veux-tu qu’elle aille””.

Mercredi en fin de journée, les proches de Patricia Wuidart ont été entendus par le tribunal. Quand le fait que Beelaert ne voulait pas que sa femme travaille est évoqué, Thierry, le mari de Marie-Noëlle, la sœur de Patricia, confie : “Si il l’avait laissée travailler, elle ne serait pas morte.” Marie-Noëlle abonde en ce sens. “L’ennui était son gros problème, sans doute la cause de sa dépression et de son alcoolisme. Quand ils habitaient à Vezin, elle avait un jardin et son chien, cela lui apportait encore un peu, mais elle a perdu tout cela et elle n’avait plus rien à faire quand ils sont partis habiter dans l’appartement d’Andenne où elle a été tuée.” Le couple Beelaert Wuidart s’est éloigné du reste de la famille après une dispute, il y a 4 ans. “J’ai toujours dit à Didier que si besoin, on était là. Il n’a jamais voulu de notre aide, il voulait toujours tirer son plan. Elle n’aurait jamais été à la rue, on l’aurait hébergée. On a déjà tenté de la raisonner, mais elle niait son problème, disait qu’elle pouvait s’arrêter de boire quand elle le voulait.

Franck, le frère de Patricia et sa femme Yolande ont également pris la parole. “Nous avons hébergé Patricia pendant 2 semaines il y a quelques années, après une dispute. Elle n’a pas bu durant cette période. Nous aurions pu à nouveau l’accueillir, on ne l’aurait pas laissée à la rue. Mais il disait que c’était sa femme, qu’il devait s’en occuper et qu’il ne l’abandonnerait jamais.”, confie Franck. Yolande termine : “A la place de Didier, je l’aurais mise dehors plutôt que de la tuer.”

Dans une lettre, notamment destinée à Typhany, la fille de Marie-Noëlle et filleule de Patricia Wuidart, Beelaert écrit au sujet de celle-ci : “Je ne l’aimais plus mais je la respectais. Je ne pourrai plus jamais vous regarder dans les yeux.”

Les avocats des parties civiles s’exprimeront ce jeudi matin. Ils seront suivis par le réquisitoire de l’avocat général Gaublomme et par la défense. Les délibérations du jury débuteront vendredi matin.