Didier Beelaert explique avoir étranglé sa femme Patricia Wuidart à cause l’alcoolisme maladif de celle-ci.

La cour d’assises de Namur a désigné mercredi les jurés, 4 hommes, 8 femmes et 3 suppléants, qui examineront l’affaire à charge de Didier Beelaert, qui a étranglé sa femme, Patricia Wuidart, le 25 février 2018 vers 22 h. Le procès en assises débutera ce lundi.

La session d’assises sera présidée par Annick Jackers, secondée par les juges Anne-Cécile Damar et Solange De Backer et devrait durer 5 jours. Étienne Gaublomme siégera en tant qu’avocat général. Didier Beelaert sera défendu par les avocats Karl Steinier et Stéphanie Roels.

C’est avant tout sur un drame humain que les jurés devront se pencher, celui du couple Beelaert-Wuidart. Après avoir une première union, ils se sont mariés le 9 décembre 2000. C’est suite au décès de son père en 2003 que Patricia Wuidart a commencé à boire beaucoup. La situation est rapidement devenue problématique.

Sur proposition de son époux, Patricia Wuidart a arrêté de travailler. Beelaert a essayé de la convaincre de se soigner à plusieurs reprises, ce qu’elle refusait. Hospitalisée pour réaliser un sevrage, elle a elle-même signé une décharge pour sortir. Son état de santé s’est rapidement dégradé. Selon des proches, Didier Beelaert aurait toujours refusé de divorcer et d’abandonner Patricia. Il pensait la faire interner.

À plusieurs reprises dans les mois qui ont précédé le drame, il aurait cependant porté des coups à sa femme, "pour la faire réagir". Beelaert avait aussi appelé plusieurs fois la police, annonçant qu’un drame allait avoir lieu, et qu’il allait étrangler Patricia : "Si vous ne faites rien, je vais la tuer", avait-il notamment déclaré.

Après les faits, Beelaert s’est dit soulagé, "libéré de la souffrance accumulée depuis des mois", lui qui "espérait qu’elle se blesse un jour, pour être hospitalisée et se soigner".

Le rapport psychologique conclut que Beelaert, au moment des faits, "ne faisait pas l’objet d’un trouble qui aurait altéré sa capacité de discernement ou le contrôle de ses actes".

Ce soir-là, il étrangle sa femme, appelle la police et se sert un café

Les faits qui seront abordés lors de cette cour d’assises sont clairs, sinon limpides. Le 25 février 2018 à 22 h 25, Didier Beelaert appelle le 100 et signale à l’opérateur qu’il vient d’étrangler son épouse Patricia Wuidart sur la cuvette des toilettes et que celle-ci est décédée. Les faits se sont déroulés dans un appartement du 2e étage d’un immeuble situé au 44 de la rue Defnet à Andenne. Une équipe de police de la zone des Arches arrive sur place à 22 h 35. Les ambulanciers sont alors en train d’essayer de réanimer Patricia Wuidart, sans succès, son décès est constaté. Didier Beelaert est lui assis à la table de la salle à manger, il fume et boit une tasse de café. Il est calme et très serein par rapport à la situation. Il déclare spontanément aux policiers qu’il a étranglé Patricia car il en avait marre de l’alcoolisme de celle-ci. Il est privé de liberté dans la foulée.

Dans sa première audition, Didier Beelaert rapporte que ce jour-là, sa femme lui avait demandé à 9 h d’aller chercher 2 bouteilles de vin et une d’apéritif. Elle a bu toute la journée et lui, sentant une pulsion meurtrière, est sorti boire quelques bières dans un café voisin. En rentrant vers 18 h, il s’est allongé à côté de sa femme, qui faisait une sieste. Elle s’est relevée car elle avait uriné dans le lit, est allée aux toilettes. Elle ne savait plus en sortir et a appelé son mari à de nombreuses reprises. Il s’y est rendu et l’a étranglée.