L'avocat général Kerkhofs a requis vendredi devant la cour d'assises de Namur une peine de prison de 25 ans à l'encontre de Luc Nem, 40 ans, reconnu jeudi coupable du meurtre de sa compagne, Marielle Tournay, commis à Assesse le 28 novembre 2019.

« Luc Nem a battu sa compagne à mort et se sert aujourd’hui de son alcoolisme comme excuse. Il faut envoyer aujourd’hui un signal fort aux auteurs de violences conjugales. Nem a préféré isoler Marielle Tournay et la tuer plutôt que de la laisser partir, elle est morte sous ses coups de pied et de poing, donnés dans une rage meurtrière. Et ce, malgré 3 sérieuses mises en garde qui lui avaient été adressées par la justice. »

L’avocat général estime que Nem n’a toujours pas pris conscience de la gravité des actes qu’il a posés. « Il a pourtant été emprisonné 3 fois dans ce but » Et de citer des extraits d’une lettre rédigée en octobre 2018 à la chambre du conseil par Nem. « Je mène une introspection poussée, je m’engage sur l’honneur à respecter mes conditions et à me débarrasser de ma maladie. Ceci est un méa culpa sincère. » « On voit quelle est la valeur de l’engagement et des promesses », ajoute l’avocat général. « Il avait aussi promis à Marielle d’arrêter de boire, de ne plus la frapper, de la marier et lui donner un enfant. On ne peut pas faire confiance à Luc Nem, il s’est moqué de la justice. »

Pour l’accusation Nem se cache derrière des excuses : son alcoolisme et celui de Marielle Tournay et son enfance difficile. « Il a même tenté de charger la victime pendant l’enquête en la qualifiant d’impulsive, menteuse, agressive et violente. » L’avocat général rappelle que l’accusé déjà été condamné pour des faits de violence sur sa compagne.

« Si son enfance n’a pas été rose, il avait à un moment tout pour être heureux : une compagne, un travail, une maison, un enfant, mais il a lui-même tout gâché. Ses frères et sœurs ont eu la même enfance et ils ne sont ni alcooliques ni violents. Marielle Tournay a aussi connu une enfance difficile, mais elle n’est pas devenue violente. »

Évoquant l’alcoolisme du meurtrier, l’avocat général Kerkhofs déclare : « Ce n’est pas une excuse. Tous les alcooliques ne sont pas violents et ne tuent pas leur compagne. Plusieurs mains se sont tendues vers lui, mais il a décidé de ne pas saisir ces opportunités. » L’avocat général demande aux jurés de ne pas retenir de circonstances atténuantes à Luc Nem. Elle prend toutefois en compte son enfance difficile pour ne pas requérir la peine maximale de 30 ans de réclusion et en réclame donc 25 à l’encontre de l’accusé.

Et de conclure en rappelant les traits de personnalité du meurtrier de Marielle Tournay : « Il a une personnalité borderline, son alcoolisme décuple le risque de passage à l’acte. Il est instable et impulsif, ce qui laisse craindre une récidive.Luc Nem est une bombe à retardement et on ne sait pas quand elle va exploser. »