Le procès de Michaël Brohé et Stéphanie Schlamp, accusés d’assassinat et de tentative d’assassinat sur Robert Robert et Prescillia Greuse à Walcourt le 14 novembre 2017, s’est poursuivi mercredi devant la cour d’assises de Namur. Les deux expertises psychologiques et psychiatriques des accusés ont été au centre des débats mercredi après-midi.

De l’expertise du psychiatre Goffioul et de la psychologue Blavier, il ressort que, le jour, des faits, Brohé, par ailleurs présenté comme narcissique, se trouvait dans un état de déséquilibre mental important qui a altéré son discernement et sa volonté, en raison de l’influence sur son comportement de son addiction à la cocaïne (fatigue, irritabilité, anxiété, conduite disruptive explosive). Aucune pathologie ou trouble majeur de la personnalité de type psychopathique n’a été relevée. Des troubles de la personnalité et du comportement sont par contre relevés à cause de l’addiction de l’accusé. Les experts précisent qu’au moment des faits, Brohé était fort anxieux et tracassé par une situation et des troubles liés aux dettes accumulées à l’égard de son dealer de cocaïne, “cynique, harcelant, oppressant et dominateur jusque chez lui”. Ce sont ces dernières paroles qui ont notamment entraîné une seconde demande d’expertise, tout comme le fait que ce premier rapport présente comme un fait acquis que c’était pour “faire peur à Robert Robert”, réfutant ainsi l’intention homicide, que Brohé et Schlamp l’avaient fait venir dans leur appartement. Des problèmes d’impartialité et une forme de compassion malvenue dans une expertise que ne manquera pas de souligner la présidente Annick Jackers lors de la présentation du rapport d’expertise. Plusieurs incohérences ou contrevérités figurant dans le rapport ou les déclarations des experts ont également été soulignés par l’avocate générale Marganne et les avocats des parties civiles. L’expertise de Schlamp met pour sa part en avant une personnalité de type borderline, fragile et immature

Vu les réserves émises concernant le premier examen mental des accusés, un deuxième collège d’experts, les psychiatres Schena et Verdicq et la psychologue Massin a été réalisé, et également présenté. La principale conclusion qui en ressort est que la prise de cocaïne par le couple Brohé-Schlamp ne peut expliquer une altération de leur capacité de discernement dans le cadre des faits du 14 novembre 2017. Les deux accusés étaient en effet habitués à la prise de telles substances, dont ne découle pas ce type d’effet. Ils étaient donc responsables de leurs actes, même après la prise de drogue psychostimulante.