La cour d’assises de Namur a poursuivi mercredi le procès de Luc Nem, 40 ans, qui doit répondre du meurtre de sa compagne, Marielle Tournay, commis à Assesse le 28 novembre 2019.

Les proches de Luc Nem se sont succédé à la barre durant l’après-midi de mercredi. Les deux sœurs et le frère de l’accusé, plus âgés, ont évoqué le contexte familial après le décès de leur père, dans le cadre duquel ils ont subi l’alcoolisme de leur mère. « Elle ne s’est pas occupée de nous comme il fallait, une fois qu’elle avait bu, elle ne savait plus s’occuper de personne. » La sœur aînée de Nem se chargeait de l’entretien, des lessives et du ménage de toute la famille à 12 ans à peine. « Luc pleurait souvent quand elle était saoule, il était si impacté qu’il faisait des crises d’angoisse et devait prendre du Xanax à 12 ans. Il faisait pipi au lit, avait des angoisses et des crises de nerf.Il avait ce qu’il voulait de la part de notre mère mais cela ne remplace pas l’affection. »

Au sujet de la relation entre Luc Nem et Marielle Tournay, son frère déclare : « On lui avait conseillé d’y mettre un terme, ils étaient mauvais l’un pour l’autre, ce n’était pas une bonne relation. Il est déjà venu chez nous après une cure et elle buvait devant lui, elle était agressive verbalement. » Selon une sœur de Nem, la violence envers Marielle Tournay était causée par l’alcool, qui décuplait celle-ci.

L’ancienne compagne de Nem, la mère de son enfant, a ensuite témoigné. « Il a toujours eu des soucis d’alcool, même jeune. Quand il commençait, il ne savait plus s’arrêter et cela dérapait, il buvait jusqu’à plus soif. Il s’est déjà battu à un baptême ou a détruit une salle de bain de colère. Alors que j’aimais sortir, j’ai commencé à ne plus le faire, de peur de comment cela allait finir. » La jeune femme explique que l’accusé s’est peu à peu mis à l’insulter, à lui demander des comptes sur ses sorties et ses fréquentations, qu’il était jaloux. « Il s’en est déjà pris à moi physiquement, il m’a plaquée au mur et m’a maintenue avec son avant-bras. »

Et de préciser : « Il a commencé à boire davantage avec la fécondation in vitro, il s’en voulait de ne pouvoir avoir un enfant de façon naturelle. Avec l’arrivée de l’enfant, j’étais moins disponible et il n’était plus le centre d’attention. Il a fait 3 cures durant la première année de vie de notre bébé, c’était un père absent. Je l’ai quitté car le climat n’était pas sein pour notre enfant. Il ne l’a plus vu depuis 2018. »

La témoin éprouvait des craintes par rapport à Nem : « J’ai toujours cru qu’il tuerait quelqu’un en voiture, en roulant ivre. Je ne le voyais pas tuer quelqu’un à mains nues, je ne l’imaginais pas capable de cela. » Et de préciser : « Je me suis posé des questions sur notre relation après le meurtre de Marielle Tournay. Je me dis que si j’étais restée avec lui, cela aurait pu être moi, vu comment il a dérapé avec l’alcool. »

Les plaidoiries interviendront jeudi.