L’avocat général Goblet a réclamé vendredi devant la cour d’assises de Namur une peine de 25 ans de réclusion à l’encontre de Lonnie Meunier, reconnu coupable d’homicide volontaire avec intention de donner la mort sur Marie-Claire Wauthier. « Une peine adéquate », selon elle.

L’avocat général Goblet a rappelé que Lonnie Meunier était coupable de meurtre, des faits extrêmement graves, mais qu’il avait aussi trahi la confiance de la victime. « Les psychiatres estiment que le taux de récidive probable est de 12 % sur une période de 10 ans. Celui de la moyenne de la population est de 5 %. Il présente une faible capacité de gestion pulsionnelle et émotionnelle. Il va devoir entreprendre un lourd travail pour corriger ce problème et permettre à ses freins moraux de fonctionner. » L’avocat général, est revenue sur le passé de Lonnie Meunier, un homme jeune et ne présentant pas d’antécédent . « Le couple parental était défaillant, il a été compliqué pour lui de se construire dans un cadre si peu chaleureux. Quand j’ai demandé au père quelles étaient les valeurs qu’il avait voulu inculquer à son fils, il n’ a même pas compris la question. »

Les avocats de Lonnie Meunier ont demandé à la cour d’assises de ne pas prononcer une peine de réclusion de plus de 12 ans à l’encontre de leur client.

Me D’agristina a demandé aux jurés de ne pas punir son client « avec brutalité », rappelant que celui-ci était en détention préventive depuis 3 ans déjà. L’avocate a rappelé l’absence d’antécédent dans le chef de son client, l’enfance difficile de celui-ci, la violence entre son père et sa mère. Mais aussi le fait que l’accusé avait été présent pour ses plus jeunes frères et sœurs, leur préparant leurs repas et les aidant pour leurs devoirs. « Il a la volonté d’entamer un suivi psychologique, vous devez lui laisser une porte de sortie, une lumière au bout du tunnel. »

Me Molders-Pierre a ensuite pris la parole. « Les experts estiment que le risque de récidive est faible et qu’il le sera encore plus si il apprend à gérer ses émotions, ce qui peut être fait dans le cadre d’une psychothérapie. » Le conseil de Lonnie Meunier a également mis en avant l’absence de casier judiciaire de son client, mais aussi le fait qu’il avait toujours tout fait pour s’insérer dans la société, l’enquête de moralité et de personnalité positive dont il a fait l’objet, ses perspectives d’avenir professionnel, et ses carences affectives. « Une peine ne dépassant pas 12 ans serait juste, équitable et adéquate. »

Lonnie Meunier a enfin pris la parole, s’adressant aux jurés : « J’assumerai la décision que vous avez prise. Je m’excuse car je sais que la situation est très difficile pour la famille de Marie-Claire Wauthier, mais aussi pour ma famille. »