La cour d’assises de Namur a poursuivi jeudi le procès de Luc Nem, 40 ans, qui doit répondre du meurtre de sa compagne, Marielle Tournay, commis à Assesse le 28 novembre 2019.

Le réquisitoire de l’avocat général Kerkhofs est intervenu en milieu de matinée, elle a demandé aux jurés de reconnaître Nem coupable du meurtre de la victime. « Le meurtre de Marielle Tournay est un cas d’école de violence conjugale. Il a isolé la victime et lui a fait subir des violences physiques, psychologiques et verbales. Il n’a pas voulu que Marielle Tournay lui échappe et l’a tuée. »

L’avocat général explique : « Dans ce cas, les moyens de la justice n’ont pas suffi. Même si Nem a été libéré un mois avant le meurtre de Marielle Tournay, la justice n’est pas responsable de celui-ci. Si il avait été libéré plus tard, il s’en serait de toute façon pris à la victime. Dans ce dossier, dès qu’il y a eu une plainte, il y a eu une réaction immédiate de la justice : il a été placé en détention préventive. Ces mesures devaient entraîner une remise en question et cela n’a pas été le cas, malgré les promesses de l’accusé à la chambre du conseil. La justice a eu tort de faire confiance à Luc Nem. On ne peut pas forcer les gens à se remettre en question. »

Et de poursuivre : « Pourquoi Marielle est-elle revenue vers l’accusé ? Parce qu’elle était sous son emprise, parce qu’elle l’aimait, parce qu’elle avait peur de la solitude, parce qu’il lui faisait miroiter un mariage et un enfant. »

L’avocat général estime que Luc Nem est le seul responsable du meurtre de Mareille Tournay, « et non pas son alcoolisme à lui ou à elle. »

Si le magistrat estime que l’on ne saura sans doute jamais ce qui s’est passé exactement ce soir-là, elle estime que les jurés ont assez d’éléments pour déclarer Luc Nem coupable du meurtre de la victime. « Elle est décédée suite à ses coups. Ceux-ci étaient volontaires, sauvages et répétitifs, il avait l’intention de tuer, ce fait était volontaire et il le reconnaît. Il était responsable de ses actes. »