La cour d’assises de Namur a poursuivi jeudi le procès de Luc Nem, 40 ans, qui doit répondre du meurtre de sa compagne, Marielle Tournay, commis à Assesse le 28 novembre 2019.

Me Preumont, conseil de la famille de Marielle Tournay, a pris la parole en premier, rappelant que l’intention homicide n’est ici pas sujette à discussion. L’avocat a d’entrée de jeu retracé l’historique des violences répertoriées subies par Marielle Tournay. "Le 12 septembre 2018, un coup de poing en pleine figure. Une détention préventive d’un mois a suivi pour ce nez cassé. D’autres coups sont relevés, le 15 et le 17 avril 2019. Le 22 avril 2019, un bras cassé entraîne un nouveau mois de détention préventive. Les coups seront quotidiens pendant les 15 jours qui précéderont le 11 juin 2019. 4 mois de détention préventive suivront. Durant cette période, Marielle lui rendra visite à 15 reprises et elle l’attendra à sa sortie de prison le 2 octobre, après que Nem ait été condamné à une peine de 20 mois de prison assortie d’un sursis probatoire. De nouveaux coups ont été donnés le 5 novembre et le 28 novembre, c’était la mort, Luc Nem ne lui a laissé aucune chance de survie. Chronique d’une mort annoncée."

L’avocat rappelle que Marielle Tournay voulait quitter Nem. Elle le lui avait écrit le jour de sa mort, dans une lettre que Nem a sans doute trouvée avant son réveil et qui a sans doute entraîné un déferlement de violence sur Marielle Tournay qui a été retrouvée toute habillée en pleine nuit, ce qui laisse supposer qu’elle était sur le départ. "Je ne peux plus supporter les coups répétés", écrivait-elle. "Voilà comment vient le massacre", estime Me Preumont, rappelant que les légistes ont évoqué un scénario mortel d’une extrême violence. Réagissant à 2 prétendues agressions physiques de la part de Marielle Tournay évoquées par Luc Nem, l’avocat déclare : "Luc Nem n’était pas un homme battu, Marielle Tournay n’était pas la maltraitante, elle n’est coupable de rien, elle n’a jamais été violente avec personne. Nem était son démon et son bourreau."

Me Gillet, conseil de l’ex-mari de la victime et de la fille de celle-ci a évoqué une mise à mort. "Marielle Tournay n’avait aucune chance, ses multiples traumatismes étaient mortels". Et d’ajouter : "Durant 2 ans, Luc Nem n’a pas respecté les conditions de ses libérations conditionnelles." L’avocat rappelle que cela fait 2 ans jour pour jour que Marielle Tournay a perdu la vie et lit un extrait d’une lettre que lui a écrite sa fille de 16 ans il y quelques jours. "Il y a 2 ans, on m’annonçait que tu étais partie. Chaque jour j’espère t’avoir dans mes bras. Le manque est immense. La force que tu me donnes m’encourage chaque jour. Je sais que tu es beaucoup mieux là-bas."

La mère de Marielle Tournay s’est exprimée brièvement. "C’est une bonne chose que Luc Nem reconnaisse qu’il est responsable, c’est malheureux de voir une telle violence."