La défense de Styven Cumero a mis en avant mardi devant la cour d’assises de Namur deux circonstances atténuantes, à savoir l’absence d’antécédent et le parcours de vie du jeune homme de 29 ans, qui a déjà effectué 2 ans et demi de détention préventive.

"Il existe pour lui des perspectives si il s’abstient de consommer de l’alcool et du cannabis, s’il entame un suivi psychologique et un suivi de groupe et s’il suit un encadrement socio-professionnel. Il a des possibilités. Son jeune page est synonyme d’espoir d’amendement", soulignait Me Leboutte. L’avocat dinantais précise que le casier de son client ne présente à ce stade qu’un antécédent en matière de roulage et qu’il ne se trouve donc pas en état de récidive, n’ayant jamais été condamné à une peine et n’ayant jamais connu la prison. Ce qui constitue une première circonstance atténuante.

Le conseil du Floreffois souligne les déclarations positives réalisées concernant son client lors de la comparution des témoins de personnalité. " Il a été présenté par des prostituées comme quelqu’un de gentil, correct, non-violent, doux et non-agressif. Son oncle a dit qu’il l’adorait, un ami l’a présenté comme un brave petit gars, tout ce qu’il y a de plus normal. Il était considéré comme un bon élément par ses employeurs."

Me Leboutte a demandé à la cour de retenir une seconde circonstance atténuante, à savoir le parcours de vie et l’enfance malheureuse de son client. " Ses parents étaient tous les deux en IPPJ quand ils ont décidé de concevoir un enfant, sa mère avait 16 ans et son père n’en avait pas 18. Il a été incarcéré au lendemain de la naissance du bébé et 7 jours plus tard, Styven a été retiré à sa mère pour être placé en pouponnière car elle ne savait pas s’en occuper. Ses parents lui ont directement tiré une balle dans le pied. Ils ont refait surface pour terminer le travail à son adolescence. Sa mère, qui a eu 8 enfants après lui, lui a promis de le revoir, il attend toujours. Son père l’a tabassé quand il lui a dit qu’il fumait. Ses parents étaient les deux grands absents de ce procès, ils l’ont abîmé et il est tombé dans les paradis artificiels pour pallier ce manque. Il n’est pas responsable de ce mauvais point de départ dans la vie."

Avant que la cour entre en délibération, les parents de Jeanette Katzenberg ont demandé la restitution des bijoux que portait la jeune femme retrouvée morte dans le bois de Soye en juillet 2015.

L’avocat général Marc Servais a requis mardi devant la cour d’assises de Namur une peine de 30 ans de réclusion à l’égard de Styven Cumero, reconnu coupable lundi du meurtre de Jeanette Katzenberg, de viol sur Jamila B, de tentative de viol sur Veronique G, et d’outrage aux mœurs sur une mineure. Le magistrat réclame également une mise à disposition du tribunal d’application des peines de 10 ans.